Lors de la keynote de mardi dernier, Laura Legros (VP Hardware Engineering chez Apple), a présenté le nouveau MacBook Air comme le “Mac le plus écologique jamais conçu par Apple”. En effet, son châssis a été conçu avec de l’aluminium 100% recyclé/recyclable. L’annonce avait été relayée avec force un peu partout, lui donnant une certaine importance en lien avec la politique verte de la firme.

Pour autant, certains professionnels (mais également certains d’entre vous dans les commentaires) ont nuancé l’information, en rappelant certaines caractériques du métal. Ainsi, Casey Williams de Medium, un journaliste spécialisé dans les politiques environnementale et sociale (conditions de travail), entend tempérer un peu l’enthousiasme. Il rappelle que l’aluminium est à peu près le métal le plus facile à recycler, et qu’il en existe déjà d’énormes quantités disponibles sur le marché.

Selon Gay Gordon-Byrne, directeur exécutif de la Repair Association, la plupart de l’aluminium utilisé par Apple serait probablement déjà recyclé, rajoutant que cette annonce « rend la firme plus noble et durable, alors que tout fabricant -qui doit se fournir en aluminium- achète 75% de contenu recyclé sans effort particulier ». Kyle Wiens (iFixit) partage le même avis en signalant que « l’achat d’aluminium recyclé est simple, peu coûteux, et constitue de toute façon une bonne décision économique pour Apple ». Il rajoute qu’il « est beaucoup moins cher de recycler l’aluminium que d’extraire du nouveau minerai de bauxite. Il existe donc une forte demande sur le marché. Il s’agit là plutôt, d’un moindre effort dans leur engagement du 100% recyclé ».

Pour tous ces observateurs, le vrai problème est ailleurs : que faire « des montagnes de smartphones et de tablettes jetés dans le monde, ce qui alimente une crise environnementale croissante et détruit de nombreux écosystèmes », notamment avec les métaux lourds et produits toxiques (plomb ou cadmium) nécessaire au fonctionnement des appareils. Selon les Nations Unies, l’économie mondiale a généré près de 50 millions de tonnes de déchets électroniques en 2016, et ce nombre devrait augmenter de 17% d’ici 2021.

Bien évidemment, Apple n’est pas la seule entreprise de technologie concernée, mais elle dispose de près de1,3 milliard d’appareils actifs dans le monde. Elle communique d’ailleurs en ce sens via sa politique verte, depuis de nombreuses années. Pour tenter d’endiguer le problème, Gay Gordon-Byrne propose d’ailleurs une solution qui pourrait faire grincer des dents : « la meilleure chose qu’Apple puisse faire pour améliorer son impact réel sur l’environnement est d’adopter « un droit à la réparation ».

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