«Laisser les jeunes se contaminer entre eux» : la proposition du Pr Caumes fait débat – Le Parisien

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Sa proposition n’est pas passée inaperçue. Dans un entretien accordé à notre journal samedi, le Pr Caumes a émis l’idée de « laisser les jeunes se contaminer entre eux » dans l’optique de favoriser une immunité collective, tout en reconnaissant que « les jeunes peuvent aussi avoir des formes graves ». Le spécialiste, qui reconnaît que sa proposition n’est pas « politiquement correcte », prend par ailleurs le soin de bien préciser que cela vaut « à condition qu’ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents » pour éviter d’être « un réservoir de contamination ».

Malgré ces précautions, cette sortie d’Eric Caumes a beaucoup fait réagir, relançant le débat autour de l’immunité collective, testée notamment en Suède. Cette théorie consiste à laisser circuler le virus au sein de la population, sans imposer de mesures de confinement, pour qu’un pourcentage suffisant de personnes soient contaminées et que l’épidémie s’arrête d’elle-même.

Mais pour l’épidémiologiste Catherine Hill, cette stratégie serait « catastrophique ». Interrogée par LCI, elle rappelle que « les jeunes ne vivent pas sur une planète isolée » et « interagissent avec des personnes plus âgées ». La spécialiste ne croit d’ailleurs pas à la théorie de l’immunité collective, qui nécessiterait selon elle « que les deux tiers de la population aient rencontré le virus. […] Très mauvaise idée, irréaliste ».

« Ces gens peuvent contaminer des personnes à risque »

Même réaction du côté de l’infectiologue Robert Sebbag, infectiologue. « Ces gens peuvent contaminer des personnes à risque et c’est ce qui nous fait extrêmement peur », a-t-il prévenu sur BFMTV ce dimanche. Une inquiétude partagée sur la même chaîne par le Pr Bruno Mégarbane, chef du service réanimation de l’Hôpital Lariboisière, qui met aussi en doute le bien-fondé des théories sur l’immunité collective. « En Suède, où on a tablé sur la circulation spontanée du virus, rappelle-t-il. L’immunité n’est pas si élevée et le nombre de décès rapporté à la population suédoise est beaucoup plus important que dans d’autres pays européens ».

Si l’on en croit les derniers chiffres disponibles et compilés par l’université John-Hopkins, la Suède déplorait ce dimanche 5700 morts pour 10 millions d’habitants, contre un peu plus de 30 000 en France pour 67 millions d’habitants, soit un ratio relativement proche. Les débats autour de la contamination des plus jeunes et de l’immunité collective sont loin d’être clos.

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