L’aide internationale commence à arriver au Liban, Macron sur place aujourd’hui – Le Monde

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Des membres de la Fondation turque de secours humanitaire (IHH) aident une équipe de secours locale sur le site de l’explosion, à Beyrouth, le 5 août.

Le Liban est encore sous le choc, et la communauté internationale mobilisée, après la double explosion qui a dévasté, mardi 4 août, une grande partie de la capitale Beyrouth. D’après les autorités, quelque 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées « sans mesures de précaution » dans le port de la ville, sont à l’origine des déflagrations.

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Selon un dernier bilan provisoire du ministère de la santé libanais, au moins 113 personnes ont péri et 4 000 ont été blessées, dont 21 Français. L’architecte Jean-Marc Bonfils, installé au Liban où il avait pris part notamment à des projets de restauration de bâtiments détruits par la guerre, a été identifié parmi les personnes décédées, a annoncé la ministre de la culture, Roselyne Bachelot. « Je rends hommage à son œuvre majeure, telle la restauration d’immeubles patrimoniaux détruits par la guerre du Liban. La France et le Liban sont unis dans le chagrin de sa mort », a annoncé la ministre sur son compte Twitter.

  • Emmanuel Macron sur les lieux de la catastrophe

Le président français, Emmanuel Macron, est attendu jeudi à Beyrouth à midi, heure locale (11 heures à Paris), accompagné du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, « pour porter le message de fraternité et de solidarité des Français » et faire « le point sur la situation avec les autorités politiques ».

Premier chef d’Etat à se rendre au Liban dans ces circonstances, il visitera le lieu de la catastrophe, s’entretiendra avec les principaux responsables libanais et donnera une conférence de presse vers 18 h 30 locales, avant de rentrer en France.

Emmanuel Macron avait dit la veille sur Twitter qu’un détachement de la sécurité civile et « plusieurs tonnes de matériel sanitaire » seraient envoyés au Liban. La France, ancienne puissance mandataire, a ainsi acheminé mercredi de l’aide par trois avions.

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  • La communauté internationale mobilisée

Quelques heures après le drame, le premier ministre libanais, Hassan Diab, avait lancé un « appel urgent à tous les pays amis et aux pays frères ». Il a été entendu puisque la communauté internationale s’est largement mobilisée et l’aide a commencé à arriver dès mercredi 5 août.

La Banque mondiale s’est dite prête à mobiliser ses ressources pour aider le Liban. L’organisation, qui venait de prêter 120 millions de dollars (près de 140 millions d’euros) au pays en avril pour soutenir le secteur de la santé, a assuré qu’elle allait « déployer son expertise pour entreprendre une évaluation rapide des dommages et des besoins et pour élaborer un plan de reconstruction ».

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Le Koweït a fait état mercredi de l’arrivée au Liban d’un avion contenant de « l’aide médicale », alors que les hôpitaux, déjà éreintés par la crise économique et la pandémie de Covid-19, ont été submergés par les victimes.

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a, lui, annoncé ouvrir un hôpital de campagne dans la capitale libanaise.

Un responsable de l’Organisation mondiale de la santé, Michael Ryan, a affirmé que l’institution onusienne avait « commencé à expédier des kits de traumatologie et de chirurgie depuis l’entrepôt régional de Dubaï ». « Nous avons également des équipes médicales d’urgence prêtes à se déployer », a-t-il ajouté.

Des pays du Golfe, dont certains ont des relations diplomatiques et économiques étroites avec le Liban, ont aussi offert leur aide. Le Qatar fait état de l’envoi de plusieurs hôpitaux de campagne. L’Iran, très influent au Liban, a offert une « aide médicale ».

Des membres de l’ONG turque IHH sur place à Beyrouth pour porter secours aux victimes, mercredi 5 août.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis « une aide humanitaire dans tous les domaines, en particulier dans le domaine de la santé ». Le Croissant Rouge turc devait envoyer mercredi une équipe d’aide humanitaire ainsi que des fournitures médicales d’urgence.

Le roi de Jordanie, Abdallah II, a ordonné mercredi la préparation d’un hôpital militaire de campagne à envoyer au Liban.

L’Algérie a annoncé l’envoi de quatre avions et d’un bateau chargés d’aide humanitaire, avec des équipes médicales, des pompiers, des vivres et des matériaux de construction. Même expression de solidarité en provenance de Tunisie, qui a décidé l’envoi « d’urgence » de deux avions militaires d’aide alimentaire et médicale et la prise en charge à Tunis de 100 blessés.

Israël a appelé mardi à « dépasser le conflit » en proposant « une aide humanitaire et médicale » au Liban, son voisin avec lequel il est techniquement en état de guerre.

Des membres des équipes de secours tchèques sur le tarmac de l’aéroport de Prague avant leur départ pour Beyrouth, mercredi 5 août.

L’Italie a envoyé à Beyrouth quatorze pompiers spécialisés dans l’évaluation des risques chimiques et des structures endommagées. Les Pays-Bas ont annoncé que 67 travailleurs humanitaires partiraient pour Beyrouth mercredi soir, dont des médecins, policiers et pompiers. La République tchèque, la Grèce et Chypre, une île où les explosions ont été entendues, ont envoyé mercredi des dizaines de secouristes à Beyrouth.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a lui fait savoir qu’il avait offert l’aide de son pays lors d’un entretien téléphonique mercredi avec M. Diab.

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  • Hommages et rassemblements à travers le monde

Un immense drapeau libanais déployé devant la Basilique du Sacré-Coeur, à Paris, mercredi 5 août.

Plusieurs rassemblements ont lieu à travers le monde pour rendre hommage aux victimes du drame. A Paris, des membres de la communauté libanaise ont ainsi déployé un immense drapeau du pays en face de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Une pancarte avec l’inscription « Nous pleurons pour Beyrouth » était notamment brandie.

A Toulouse, ville marquée par l’explosion de l’usine chimique AZF qui avait fait 31 morts et plus de 2 000 blessés en 2001, un rassemblement s’est également organisé.

A Londres, de nombreuses personnes se sont réunies dans les jardins de Kensington et ont notamment allumé des bougies en signe de recueillement ; même geste et même solidarité à Rafah dans le Sud de la bande de Gaza, où de nombreux Palestiniens se sont rassemblés.

Le pape François a appelé à « prier pour les victimes, pour leurs familles et pour le Liban » et à l’envoi d’« aide de la communauté internationale [pour] surmonter la crise ».

En Israël, malgré un contexte tendu entre les deux pays, la façade de la mairie de Tel Aviv s’est illuminée mercredi soir aux couleurs du Liban. Aux Emirats arabes unis, la célèbre tour Burj Khalifa de Dubaï, la plus haute du monde, a fait de même.

  • Trump admet qu’il a pu s’agir d’un « accident »

Le président américain, Donald Trump, a admis mercredi que les gigantesques explosions qui ont ravagé Beyrouth avaient pu être causées par un « accident », sans toutefois revenir sur ses propos polémiques de la veille, quand il avait affirmé qu’elles ressemblaient à un « terrible attentat ».

« Je peux vous dire que quoi qu’il soit arrivé, c’est terrible, mais ils ne savent pas vraiment ce que c’est. Personne ne sait encore », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. « J’ai entendu les deux choses. J’ai entendu accident. J’ai entendu, vous savez, explosifs. Evidemment, cela a dû être un type d’explosifs, mais que ce soit une bombe intentionnellement déclenchée ou pas, cela a fini par être une bombe », a déclaré le président des Etats-Unis.

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Quelqu’un « a laissé de terribles engins explosifs et des choses traîner, peut-être. Peut-être que c’était ça. Peut-être que c’était un attentat. Je ne pense pas que quiconque puisse le dire en ce moment », a-t-il ajouté.

Le chef du Pentagone, Mark Esper, a lui évoqué mercredi la thèse d’un accident. « Je m’informe sur ce qui s’est passé », a indiqué le ministre américain de la défense lors d’un forum en ligne. « La plupart des gens pensent que c’est un accident, comme cela a été rapporté ».

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Une commission d’enquête nationale sur les circonstances de la catastrophe doit être formée mais selon le quotidien libanais francophone L’Orient Le Jour, les appels à une enquête internationale se multiplient.

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Le Monde avec AFP

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