L’adolescent suspecté d’avoir poignardé mortellement une jeune fille à Ivry-sur-Seine mis en examen – Le Monde

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« Mon client a reconnu sa participation » : l’adolescent âgé de 14 ans suspecté d’avoir poignardé mortellement une jeune fille de 17 ans vendredi, d’un coup de couteau dans le thorax à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), a été mis en examen dimanche pour « meurtre », selon son avocat.

Vendredi en fin d’après-midi, après des « échanges véhéments » sur les réseaux sociaux et en particulier sur Snapchat, le jeune homme a poignardé dans le thorax cette adolescente prénommée Marjorie, au pied d’un bâtiment de la cité Pierre-et-Marie-Curie à Ivry-sur-Seine, près de Paris.

Interpellé au domicile de sa mère à Massy (Essonne), vendredi soir, après avoir pris la fuite quelques heures, le jeune homme sera présenté dimanche dans la soirée à un juge des libertés et de la détention en vue de son éventuel placement en détention provisoire, a annoncé le parquet de Créteil, chargé de l’enquête confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne.

Selon des témoignages recueillis, le suspect « avait créé un groupe Snapchat le matin même » au sujet de la petite sœur de l’adolescente. « Marjorie n’a pas apprécié qu’on parle mal de sa petite sœur. Elle est venue en bas de la tour », où vit le père du suspect, et « a frappé » le jeune homme.

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L’adolescent, « un peu la star de la cité » selon des jeunes filles interrogées, serait alors remonté chez lui pour s’emparer d’un couteau, avec lequel il aurait poignardé Marjorie au niveau de la poitrine. « Mon client reconnaît sa participation mais soutient n’avoir pas eu l’intention de donner la mort », a expliqué son avocat, Adrien Gabeaud.

Né en novembre 2006, le suspect avait un casier judiciaire vierge et aucun antécédent judiciaire, selon son conseil, précisant qu’il était ressorti libre d’une audition dans une affaire de dégradation d’immeuble.

« Une mort sans raison »

Selon la version du suspect rapportée par Me Gabeaud, une bagarre a éclaté entre le suspect et trois autres personnes parmi lesquelles Marjorie et son frère jumeau. Le suspect est ensuite « remonté chez lui récupérer un couteau et un sac de sport ». Sur le chemin de « son entraînement de foot », une seconde altercation « physique » et « verbale », avec des « gestes saccadés », a lieu avec la future victime. « C’est un enchaînement d’événements qui ont conduit à ces faits dramatiques, il n’a pas voulu toucher une zone vitale », a ajouté l’avocat.

« Ma sœur n’était pas une délinquante, elle était juste venue régler un problème lié à ma petite sœur. Elle était venue apaiser la situation », a de son côté assuré vendredi Cynthia, 33 ans, grande sœur de Marjorie. Sa mère, interrogée par plusieurs médias, a déclaré de son côté que sa fille « était une acharnée des études, elle allait passer son bac bientôt ». « C’est une mort sans raison », a-t-elle poursuivi. Une marche blanche en mémoire de l’adolescente est prévue samedi ou dimanche prochain.

Série de rixes

Le phénomène des rivalités entre bandes de jeunes, aux affrontements fréquents mais rarement mortels, a ressurgi dans l’actualité avec le passage à tabac du jeune Yuriy à Paris en janvier, puis la mort, en février dans l’Essonne, de deux adolescents lors de deux rixes distinctes.

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En mars, à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, en Ile-de-France également, Alisha, une collégienne de 14 ans, avait été violemment battue puis jetée dans la Seine lors d’un différend avec deux camarades de sa classe. Les deux collégiens, mis en examen pour assassinat, faisaient l’objet d’une procédure disciplinaire pour harcèlement de la victime. L’adolescente avait vu son téléphone être piraté et des photos d’elle en sous-vêtements diffusées sur Snapchat.

Par la suite, le gouvernement avait annoncé l’adoption d’un plan de lutte pour tenter d’endiguer ce phénomène qui, s’il n’est pas nouveau, a pris de l’ampleur avec les réseaux sociaux.

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Au début du mois de mars, deux groupes de jeunes originaires de deux quartiers de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) s’étaient affrontés en pleine rue à coups de couteaux et de poings, faisant deux blessés graves. Quatre mineurs ont été mis en examen le 15 avril pour tentative de meurtre, complicité et violences aggravées.

Le Monde avec AFP

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