L’adieu au DVD

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Repli historique des ventes de DVD et de Blu-ray

Le marché du DVD et du Blu-ray connait une année 2020 dramatique : sur les 9 premiers mois, les ventes de DVD et de Blu-ray s’élèvent à 188,60 millions d’euros TTC, en repli de 26,9 % par rapport à la même période en 2019. Le premier confinement a fortement impacté un marché déjà touché depuis plusieurs années par la concurrence des offres dématérialisées. 

Que ce soit le DVD (-27,2 % à 103,76 millions d’euros) ou le Blu-ray (-26,2 % à 57,83 millions d’euros), aucun des deux formats n’a pu résister à la fermeture des magasins. Pire, les éditeurs en ont profité pour augmenter le prix moyen des DVD de nouveauté qui progresse de 8,1% à 20,22 euros alors que le prix moyen d’un support Blu-ray de nouveauté vendu à l’unité est de 22,03 euros sur la période janvier-septembre 2020, soit +0,3 % par rapport à la même période de 2019. Une stratégie qui n’incite pas les consommateurs à acheter des films en DVD dans la mesure où une grande partie des nouveautés sont disponibles en TVOD. Certains éditeurs ont fait le pari de créer leur propre boutique et privilégier les éditions collector, comme par exemple The Jokers, mais cela ne suffit pas à redresser les ventes d’un marché en perdition, dans la mesure où tous les éditeurs n’ont pas investi dans un site internet pour faire des ventes directes.

2/3 des ventes réalisées par le cinéma

Le marché de la vidéo physique est dominé par les films de cinéma, qui réalisent 126,28 millions d’euros entre janvier et septembre 2020, soit 67,0 % du total des ventes des 3 trimestres. Les recettes des films en vidéo sont en diminution de 28,6 % par rapport à la même période en 2019. Le cinéma français génère 22,15 millions d’euros de recettes sur les 9 premiers mois, en baisse de 38,8 % par rapport à la même période de 2019. La part de marché des films français en vidéo diminue également de 2,9 points en valeur à 17,5 %. Les ventes de films américains en vidéo diminuent elles aussi de 20,1 % à 86,92 millions d’euros à fin septembre. En valeur, la part de marché des films américains est en hausse à 68,8 % (61,5 % en 2019).

Une année 2020 à oublier

A ce rythme, le marché vidéo 2020 ne devrait pas dépasser 300 millions d’euros TTC d’autant que le mois de novembre, mois traditionnel de mise en place des offres de fin d’année dans les magasins, tombe en plein milieu du deuxième confinement. Le seul espoir est que le mois de décembre soit exceptionnel, mais comme de nombreux films ne sont pas sortis en salles cette année, la sortie vidéo s’en trouve reportée et ne pourra donc pas sauver les ventes de l’année. Cette fin d’année 2020 sonne comme un adieu au marché vidéo tel que nous l’avons connu au début des années 2000. 

En étant optimiste on peut se prendre à rêver d’un rebond du marché vidéo en 2021 avec le rattrapage des blockbusters qui ne sont pas sortis en 2020. En étant pessimiste, on peut aussi se dire que les studios américains mettront rapidement une croix sur le DVD et le Blu-ray et que seules leurs plateformes pourront exploiter et profiter de leurs programmes. La vérité se situe sans doute entre les deux, ce qui va obliger les professionnels de la vidéo à s’organiser différemment. 

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