La stratégie de Nvidia pour mettre fin à la domination d’Intel sur les processeurs

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La stratégie de Nvidia pour mettre fin à la domination d'Intel sur les processeurs

Nvidia vient d’annoncer l’acquisitionde Arm Limited de SoftBank, pour 40 milliards de dollars. Une opération qui vise à prendre la main sur l’énorme marché du calcul qui a longtemps été dominé par l’architecture x86 (et, par conséquent, par Intel et AMD). La plateforme x86 reste leader sur les marchés des PC et des centres de données. Mais les perspectives de croissance future se situent dans le edge computing, l’internet des objets (IoT) et les appareils mobiles – où les produits Arm prospèrent. Si cet accord est conclu, le nouveau Nvidia post-acquisition sera en position privilégiée pour profiter de cette croissance.

L’accord doit encore franchir de nombreux obstacles, dont le plus épineux sera l’approbation de plusieurs gouvernements. Mais puisque le Royaume-Uni a approuvé la vente d’Arm à SoftBank en 2016, il est probable qu’il approuvera également cette décision. Si Nvidia est en pleine croissance, Intel, AMD, Broadcom et d’autres restent très compétitifs sur le marché des semi-conducteurs. Malgré cela, la Chine et l’UE verront probablement d’un mauvais œil l’acquisition d’Arm par une entreprise américaine et devront également approuver l’opération, tout comme les Etats-Unis.

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Pourquoi Nvidia paierait-elle plus de 27 fois le chiffre d’affaires d’Arm ?

Cet accord porte sur les recettes et la croissance futures, et non sur les performances passées. Alors que les revenus annuels de Nvidia s’élèvent à 13,065 milliards de dollars et ceux d’Arm à seulement 1,441 milliard de dollars, la combinaison des deux est déjà supérieure à celle de Intel en terme de valeur d’entreprise, malgré l’énorme avantage d’Intel en termes de revenus (78,95 milliards de dollars).

Nvidia a déjà une forte présence dans les centres de données avec ses GPU. Ces GPU agissent comme des accompagnateurs pour les processeurs classiques comme x86 et Arm -– ils ne peuvent pas fonctionner efficacement de manière autonome. L’achat d’Arm permet à Nvidia de contrôler l’ensemble de la capacité de traitement – et ce en alimentant tous les dispositifs, des minuscules appareils IoT aux datacenters, du cloud aux supercalculateurs.

Nvidia ne tuera pas la poule aux œufs d’or

Il y a un risque stratégique dans cet accord, c’est certain. Le succès d’Arm est construit sur le fait d’être la Suisse du silicium et de concéder des licences sur ses designs à des géants comme Apple, Samsung et Qualcomm. Nvidia pourrait concurrencer ces licenciés ou garder pour elle les meilleurs designs de Arm. Cette approche semble cependant peu probable.

Le PDG de Nvidia a abordé cette question lors de son annonce. En fin de compte, les synergies entre les technologies de Nvidia et d’Arm seront connues à moyen terme – par exemple, la fabrication de puces électroniques qui améliorent l’IA et les capacités graphiques des terminaux, sous licence comme cela a toujours été le cas pour les OEM.

Vers une montée en puissance des processeurs Arm pour le cloud

Les données de Forrester indiquent que les dépenses traditionnelles en infrastructures diminueront en 2020, et 2021 semble également anémique. Les entreprises accélèrent leur passage à des services basés sur le cloud comme AWS, Azure, Google Cloud Platform et Alibaba Cloud.

Les fournisseurs de cloud computing proposent déjà des instances basées sur Arm, comme AWS Graviton, mais la migration des charges de travail de x86 vers Arm est difficile. Ainsi, les leaders technologiques ne doivent pas s’attendre à une croissance massive des charges de travail de Arm via les hyperscalaires du cloud. Nous pensons que le edge computing présente un potentiel encore plus important.

… mais les plus grandes opportunités de croissance pour Nvidia et Arm sont au niveau du edge computing

Le marché du edge computing en est encore à ses débuts, et l’opportunité est donc là pour tout vendeur et toute plateforme. Comme il n’a pratiquement aucune inertie, c’est un terrain propice à Arm. Il est particulièrement intéressant pour l’IA. Les entreprises voient l’intérêt de distribuer la prise de décision automatisée jusqu’à la périphérie de leur réseau informatique – là où les données existent et où les actions ont lieu.

De nombreuses charges de travail en matière d’intelligence artificielle sont maintenant dans les infrastructures de cloud public, mais nous constatons une forte migration qui ne remplace pas nécessairement le cloud computing mais qui l’augmente à la périphérie du réseau informatique. Au fur et à mesure de cette migration de l’IA, des GPU et autres puces spécialisées seront nécessaires. Un résultat probable de cette combinaison technologique sera l’utilisation de processeurs hybrides CPU-GPU optimisés pour de telles charges de travail.

Ne sous-estimez pas la puissance du calcul durable

Les centres de données – et la technologie en général – sont des consommateurs voraces d’énergie électrique et de refroidissement. Etant donné que de nombreuses entreprises prennent désormais la durabilité au sérieux, nous devons adopter des technologies plus respectueuses de la planète. Les processeurs Arm consomment moins d’énergie que les autres modèles, c’est pourquoi on les trouve dans 95 % des smartphones.

Les datacenters avec des processeurs Arm devraient être plus efficaces. Et les PC qui en sont équipés arrivent, avec l’annonce d’Apple par exemple. Même le robuste x86 de Microsoft a maintenant adopté Windows on Arm.

Les tensions géopolitiques vont compliquer l’avantage concurrentiel d’Arm

La guerre commerciale actuelle entre les Etats-Unis et la Chine oblige les entreprises chinoises à abandonner les technologies américaines, et vice versa. En conséquence, elles abandonnent le x86 au profit de processeurs basés sur Arm, dont beaucoup sont de leur propre conception. Les licences chinoises pour ARMv8 restent garanties, mais les futures conceptions sont menacées, car Nvidia est une société basée aux Etats-Unis. Ainsi, les fournisseurs chinois sont désormais à risque et développent leurs propres architectures de processeurs.

x86 et Arm ne sont pas les seuls designs sur le marché

Quelques autres plateformes sont prometteuses comme alternatives. Parmi les principaux concurrents, on peut citer l’architecture Power qu’IBM a confiée à la Linux Foundation en 2019, et l’architecture ouverte RISC-V. Les fournisseurs sont confrontés à des obstacles considérables dans cette quête, mais s’ils réussissent, ce changement érodera la domination des entreprises américaines dans le domaine des semi-conducteurs.

Pas de panique

Cet accord ne devrait pas être conclu avant fin 2021 (au plus tôt). D’ici là, le co-développement de produits entre Nvidia et Arm sera limité à un partenariat classique. Explorez ce que signifierait pour vous la diversification au sein d’Arm, de concert avec vos fournisseurs de services et de matériel informatique dans le cloud, et surveillez les projets de ces fournisseurs. Portez une attention particulière à votre stratégie de edge computing. La concurrence entre Arm et x86 vous sera bénéfique à long terme.

Source : ZDNet.com

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