“La situation est dramatique”: l’opposition éreinte Macron et ses décisions liées au Covid-19 – BFMTV

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À l’unisson, de nombreuses personnalités demandent des mesures de restriction supplémentaires et davantage de transparence dans la prise de décisions au sommet de l’État.

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on salue ce président qui serait devenu “épidémiologiste” au fil de l’eau et de la crise liée à la pandémie de Covid-19, relate Le Monde dans un article publié ce mardi.

“Le président a acquis une vraie expertise sur les sujets sanitaires (…) Ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne”, a par exemple affirmé le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, cité par le quotidien du soir.

Confronté à une hausse des hospitalisations depuis le mois de janvier, avec un nombre d’admissions en réanimation qui a dépassé lundi soir, avec 4.974 malades, le pic atteint lors de la deuxième vague automnale, le chef de l’État n’a pas décidé de nouvelle mise sous cloche du pays ni de fermeture des écoles, malgré les nombreuses voix, notamment de médecins, qui l’y exhortent.

“Aucun mea culpa à faire”

“Rien n’est décidé”, avait opposé le chef de l’État dimanche dans un entretien au Journal du dimanche, quant à un éventuel nouveau tour de vis. “Pour les jours qui viennent, nous allons regarder l’efficacité des mesures de freinage et nous prendrons si nécessaire celles qui s’imposent”, avait-il également déclaré au cours de cet entretien, réalisé vendredi soir.

Un entretien qui résonne aussi avec les propos déjà tenus jeudi soir en conférence de presse à l’issue du Conseil européen. “Nous avons eu raison de ne pas confiner la France à la fin du mois de janvier, car il n’y a pas eu l’explosion prévue par tous les modèles”, avait-il fait valoir, ajoutant n’avoir “aucun mea culpa à faire, ni remord, ni aucun constat d’échec”.

“Certains nous disaient: ‘En février vous allez prendre le mur’. On ne s’est pas pris le mur (…). On a pris des mesures proportionnées à la situation”, a-t-il insisté auprès du JDD.

“Macron n’écoute personne”

Dans les oppositions de droite comme de gauche, nombreuses sont les personnalités à fustiger un président de la République qui décide seul, sentiment qui a notamment été renforcé par ce refus de “mea culpa“.

“Il faut en finir avec le roi thaumaturge”, a étrillé le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, cité mardi par l’Agence France-Presse (AFP) en exhortant à agir pour “freiner le virus, et accélérer la vaccination”, au lieu de “procrastiner.”

Au sein de La France insoumise (LFI), on évoque une “situation dramatique”, déplore le député de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel. “Macron se prend pour un épidémiologiste et n’écoute personne. L’État ne prend aucune bonne décision depuis deux mois”, estime-t-il auprès de BFMTV. L’élu plaide pour des mesures dans les écoles, avec l’instauration a minima de demi-jauges voire d’une fermeture globale.

Pour le député PCF Sébastien Jumel, les actes ne suivent pas les paroles. “Macron grand prometteux, p’tit faiseux”, a tancé sur Twitter l’élu, prenant exemple sur un centre de vaccination situé à Abbeville (Somme), qui “faute de dose”, a dû fermer ses portes samedi en dépit du voeu présidentiel que la vaccination ne connaisse “ni week-end, ni jour férié”.

“Il savait que ça allait monter et il n’a rien fait”

“Il faut prendre des mesures plus strictes dont la fermeture des écoles. Le président de la République savait que ça allait monter et il n’a rien fait”, regrette le député socialiste des Landes Boris Vallaud auprès de BFMTV.

“La situation est dramatique. Macron nous a menti sur les prévisions”, a aussi réagi auprès de notre antenne la députée des Hauts-de-Seine Frédérique Dumas (Libertés et Territoires). “Macron doit arrêter de procrastiner” et “il doit écouter Delfraissy et les scientifiques qui avaient raison”, éreinte son homologue du groupe Olivier Falorni, député de Charente-Maritime.

La situation ne trouve pas davantage grâce aux yeux des élus situés à droite de l’échiquier politique.

“Il faut prendre des mesures supplémentaires, mais on ne peut pas passer d’un confinement à l’autre. On prône toujours le zéro Covid”, a réagi le député du Haut-Rhin Olivier Becht (Agir) auprès de notre antenne.

“Jamais, à aucun moment, aucune proposition de l’opposition n’est acceptée”, a regretté auprès de l’AFP le président des Républicains Christian Jacob. Emmanuel Macron “se moquait de nous en disant est-ce que le virus a un passeport” lorsque LR réclamait des contrôles renforcés aux frontières, poursuit-il.

Auprès de BFMTV, le chef de file des députés Les Républicains Damien Abad se montre moins critique vis-à-vis de l’exécutif: “Il faut rester sur un confinement territorialisé et laisser les écoles ouvertes”, défend-il. Le parlementaire reprend la solution d’harmoniser les vacances scolaires, comme le propose Valérie Pécresse, et pose le “tri des patients” comme limite pour un “reconfinement”.

“Le problème, c’est que le président depuis un an a concentré tous les pouvoirs et que personne ne comprend sa politique: on ne sait pas où on va”, admoneste le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan auprès de l’AFP. “Si le président a une stratégie, il faut qu’il l’explique”, renchérit Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national.

Flou dans la majorité

Au sein même des députés La République en Marche (LaREM), les sentiments semblent mitigés. “Emmanuel Macron n’est pas seul, il est extrêmement entouré, avec un gouvernement, un Premier ministre à la tâche, une majorité, des remontées de terrain constantes”, argue auprès de l’AFP la députée des Yvelines Yaël Braun-Pivet.

“Un nouveau confinement ne serait pas accepté et respecté par les Français. La décision politique n’est pas seulement médicale, il y a plusieurs paramètres”, défend également l’élu du Rhône Bruno Bonnell auprès de notre antenne.

Mais des parlementaires de la majorité, à l’image de Sacha Houlié, demandent de nouvelles mesures: “Il faut des mesures plus restrictives dans les zones les plus tendues. La fermeture des écoles est la dernière chose qui nous reste”, plaide-t-il au micro de BFMTV.

Un nouveau Conseil de défense sanitaire est prévu ce mercredi matin à l’Elysée, avec en ligne de mire les derniers chiffres épidémiques communiqués ce mardi. Ultime rendez-vous dans le cénacle du palais présidentiel avant un nouveau tour de vis? Emmanuel Macron pourrait prendre la parole dès cette semaine ou la suivante.

Le service politique de BFMTV avec Clarisse Martin avec AFP

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