La Russie interdit d’entrée sur son territoire huit responsables européens, dont le président du Parlement européen – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Le président du Parlement européen, David Maria Sassoli, en juillet 2019.

La Russie a annoncé, vendredi 30 avril, des sanctions contre huit responsables européens, dont le président du Parlement européen, en représailles à celles mises en place par l’Union européenne (UE) en mars dans un regain de tensions entre Moscou et l’Occident.

« L’Union européenne poursuit sa politique des mesures de restriction unilatérales illégitimes visant des citoyens et des organisations russes », a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué, précisant interdire d’entrée en Russie huit responsables européens, parmi lesquels le président du Parlement européen, David Maria Sassoli, et une vice-présidente de la Commission européenne, Vera Jourova, chargée des valeurs et de la transparence.

« L’UE se réserve le droit de prendre les mesures appropriées en réponse à la décision des autorités russes », ont averti les présidents des trois institutions de l’UE (Parlement européen, Conseil de l’UE et Commission européenne). Les sanctions européennes sont une compétence des Etats membres de l’UE et l’unanimité est requise pour leur adoption.

« Cette action est inacceptable, n’a aucune justification légale et est totalement dénuée de fondement », ont dénoncé le président du Parlement, le président du Conseil Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. « Elle vise directement l’Union européenne et pas seulement les personnes concernées », ont-ils estimé. « Les menaces ne nous feront pas taire », a pour sa part assuré M. Sassoli sur Twitter.

Le député Jacques Maire également visé

Selon le communiqué, Moscou riposte ainsi notamment aux sanctions imposées par l’UE les 2 et 22 mars à de hauts responsables russes, des actes visant, aux yeux de Moscou, à « lancer un défi ouvert à l’indépendance de la politique intérieure et extérieure russe ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Entre l’Occident et la Russie, la valse des diplomates

Le 2 mars, l’Union européenne a annoncé sa décision d’imposer des mesures restrictives à l’encontre de quatre Russes responsables, selon l’UE, de graves violations des droits de l’homme, notamment des procédures judiciaires contre l’opposant russe Alexeï Navalny, ainsi que de la répression massive et systématique de la liberté de réunion pacifique en Russie. Ces mesures comprenaient notamment l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE et le gel des avoirs de ces hauts responsables, parmi lesquels le chef du Comité d’enquête russe, Alexandre Bastrykine, et le procureur général Igor Krasnov.

Le 22 mars, le Conseil de l’UE a décidé d’introduire des mesures restrictives contre les responsables de violations graves des droits de l’homme dans divers pays du monde, notamment pour la torture et la répression contre les personnes LGBT et les opposants politiques en Tchétchénie, république du Caucase russe.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’introuvable dialogue avec la Russie

Parmi les personnes visées par ces sanctions vendredi figure Asa Scott, une responsable d’un laboratoire spécialisé dans les substances hautement toxiques en Suède, qui a confirmé les conclusions d’un laboratoire allemand sur l’empoisonnement de M. Navalny.

La Russie a également placé sur cette liste le député français Jacques Maire, rapporteur spécial sur l’empoisonnement de M. Navalny à l’Assemblée parlementaire au Conseil de l’Europe (APCE). « Ça ne change rien à mon mandat concernant l’empoisonnement et l’emprisonnement d’Alexeï Navalny. Cela place en revanche les Russes dans une situation plus difficile pour pouvoir coopérer », a-t-il réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

Le Monde avec AFP

Leave a Reply

%d bloggers like this: