La République en marche, le maillon très faible de la majorité – Le Monde

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Ni sanction ni désaveu ? Le résultat calamiteux des élections régionales n’aurait, pour Emmanuel Macron, rien d’une remise en question de sa politique. Quand bien même le résultat des élections, dont le second tour s’est joué dimanche 27 juin, souligne la faiblesse de la majorité présidentielle, qui n’a obtenu que 7 % des suffrages sur l’ensemble du pays, le chef de l’Etat veut y voir un défaut de jeunesse de son parti, La République en marche (LRM). Rien d’autre.

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Après un premier tour décevant, le second s’est révélé humiliant pour LRM. A l’exception de la Guadeloupe, où le macroniste Ary Chalus est reconduit, et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où un accord avait été trouvé avant le 20 juin avec le président sortant (Les Républicains, LR), Renaud Muselier, les listes du parti présidentiel ont été incapables de nouer des alliances, que ce soit avec la droite ou avec la gauche. Dans les huit régions où les listes LRM ont pu se maintenir, la majorité se hisse, au mieux, en troisième position. Aucune des grandes figures de la majorité ne sort grandie de ce scrutin. En Bretagne, Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, n’est même pas reconduit dans ses fonctions de conseiller régional. Quant au premier ministre, Jean Castex, il voit son canton des Pyrénées-Orientales basculer à gauche lors du second tour des élections départementales, qui se tenaient également dimanche.

« Notre force militante a résisté »

Ces résultats représentent « un coup de semonce très important pour la majorité », a averti le président du MoDem, François Bayrou, allié à LRM. Cinq ans après sa création, et à dix mois de l’élection présidentielle, le mouvement d’Emmanuel Macron se montre donc incapable de poursuivre la « recomposition politique » souhaitée par le chef de l’Etat. Mouvement de « cliqueurs » plus que de militants pour le sénateur et chef du groupe macroniste au Sénat, François Patriat, LRM pâtit de l’inexpérience de ses cadres. « On ne crée pas une culture ex nihilo », justifie Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement et candidat malheureux de la majorité dans la région Centre-Val de Loire (quatrième à 16,03 %).

Le chef de l’Etat n’est pas étranger à la contre-performance de son propre mouvement. « Il sait que tout repose sur lui, et on ne peut pas dire qu’il s’en soit beaucoup occupé », déplore un macroniste. Pourtant, si Emmanuel Macron peut gouverner sans un parti fort, le (futur) candidat peut-il espérer être réélu sans lui ? Avec un siège flambant neuf – 2 800 mètres carrés dans le 8e arrondissement de Paris – et des moyens financiers colossaux – 20,9 millions d’euros de dotation financière par l’Etat, en 2020, au titre des résultats aux législatives de 2017 –, LRM reste incontournable, au moins sur le plan logistique. « N’en déplaise à nos adversaires, notre force militante a résisté à nos revers électoraux », assure le député de Paris, Gilles Le Gendre.

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