La profonde colère du monde de l’éducation contre le système Blanquer. Témoignages – L’Humanité

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Ils n’en peuvent plus, et ils vont le dire ce mardi. « Ils », c’est l’ensemble des professionnels de l’éducation nationale – enseignants, surveillants, infirmières, psychologues, conseillers principaux d’éducation, AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap)… – qui sont appelés à la grève par une inter­syndicale d’une ampleur rarissime. Toutes les fédérations liées aux métiers de l’éducation de la FSU (Fédération syndicale unitaire), de la CGT, de Solidaires, de FO, plus des syndicats autonomes comme le Snalc ou le SNCL, auxquels s’ajoutent localement d’autres syndicats ou des fédérations de parents d’élèves, se sont liés pour appeler à cette journée de grève « pour la défense du service public d’éducation ».

Parmi les plus bas salaires d’Europe

De quoi mettre du monde dans la rue ? Sans aucun doute. Même si les circonstances sanitaires constituent un obstacle bien réel, dont il ne faudrait pas sous-­estimer les effets. Sans parler de la difficulté, en ces temps de cours « en distanciel » et de couvre-feu, à maintenir ces liens sociaux qui permettent de préparer et d’organiser une telle mobilisation. Pas de quoi, pour autant, faire oublier aux enseignants les raisons de leur colère. À commencer par leurs salaires, dont ils savent assez qu’ils sont parmi les plus bas d’Europe, et qui n’ont cessé de perdre en pouvoir d’achat depuis plus de dix ans du fait du gel du point d’indice. Et comme s’il fallait en rajouter, la fameuse « revalorisation » annoncée par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, au moment de la réforme des retraites – et qui devait compenser les effets dévastateurs de celle-ci sur les pensions – a fini par arriver… à la limite de la provocation : les deux tiers des enseignants n’en verront en effet pas la couleur.

Près de 1900 supressions de postes annoncées

Et puis, il y a les réformes. Tellement nombreuses qu’on renoncera à en dresser le catalogue… Pour ne citer que les plus mal vécues : la réforme du bac général et technologique, doublée de celle du lycée professionnel. Désorganisation, appauvrissement des enseignements généraux, élèves traités comme des cobayes – ce qu’a encore montré l’annulation en dernière minute des épreuves de spécialité –, le bilan est lourd pour les enseignants. Et il s’aggrave, dans les lycées mais aussi les collèges, par la suppression annoncée de près de 1 900 postes… alors qu’une forte augmentation des effectifs d’élèves est attendue. Tout cela quand les effets délétères du confinement et des cours à distance se font sentir, sur les élèves, mais aussi sur des enseignants, qui considèrent que les protocoles sanitaires qu’on leur inflige ne sont pas à la hauteur. Et aujourd’hui, c’est leur colère qu’ils entendent déconfiner.

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