LE SCAN POLITIQUE – Le président a constaté les dégâts provoqués par l’incendie survenu lundi 15 avril en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il a annoncé le lancement d’une «souscription nationale» qui irait «bien au-delà de nos frontières».

De la gravité. Et en même temps de l’optimisme. Lundi soir, quelques minutes seulement après qu’un incendie se déclare dans la cathédrale de Notre-Dame de Paris, Emmanuel Macron décide de reporter l’allocution qu’il devait prononcer à 20 heures. Il est alors 19 heures 30. Le chef de l’État et la première dame s’engouffrent aussitôt dans leur véhicule pour se rendre sur place. Le convoi qui les y conduit peine à se frayer un chemin, tant les rues sont bondées. Une fois arrivé, peu avant 20 heures 30, le chef de l’État salue une partie des troupes mobilisées, puis rejoint la cellule de crise installée à la Préfecture de police. Là, il retrouve notamment le premier ministre Édouard Philippe et le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez.

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Très vite, face à l’émoi suscité par cet événement qui a spontanément mobilisé plusieurs milliers de riverains dans les rues adjacentes, le président de la République envisage de s’exprimer. Il veut faire le point sur ce terrible événement qui mobilise l’attention du monde entier. Mais les secours l’alertent sur l’instabilité de la situation et le découragent de prendre la parole tant qu’ils n’auront pas repris le contrôle. Emmanuel Macron accepte. Il rejoint alors l’Elysée, et laisse Laurent Nuñez annoncer à la presse que le sauvetage de la bâtisse «n’est pas acquis». «L’heure et demie (qui vient) est déterminante», abonde Jean-Claude Gallet, commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris présent à ses côtés. Il est alors 21 heures 30.

«Cette cathédrale, nous la rebâtirons tous ensemble»

Informé en temps réel de l’avancement des soldats du feu, Emmanuel Macron est prévenu peu avant 23 heures que la structure de Notre-Dame est «sauvée et préservée dans sa globalité» par les pompiers. Il se décide alors à retourner sur place. Flanqué du premier ministre Édouard Philippe, du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, de la maire de Paris Anne Hidalgo, et de nombreuses autres personnalités politiques, le chef de l’État affiche une mine sévère. Il déplore immédiatement un «terrible drame», puis salue, au nom de «la Nation tout entière», le «courage extrême» des sapeurs-pompiers grâce à qui «le pire a été évité». «Même si la bataille n’est pas encore totalement gagnée», ajoute-t-il dans la foulée.

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Le président adresse ensuite «une pensée» aux «catholiques de France», particulièrement meurtris «en cette semaine sainte». «Je sais ce qu’ils ressentent», assure-t-il. Vient enfin le moment où le chef de l’État desserre la mâchoire, et esquisse presque un sourire. «Ce soir, je veux avoir un mot d’espérance pour nous tous», lance-t-il. «Cette espérance, c’est la fierté que nous devons avoir. Fierté de tous ceux qui se sont battus pour que le pire n’advienne pas: ces soldats du feu. Fierté parce que cette cathédrale, il y a plus de 800 ans, nous avons su l’édifier. Et à travers les siècles, la faire grandir et l’améliorer. Alors je vous le dis très solennellement ce soir: cette cathédrale, nous la rebâtirons tous ensemble. Et c’est sans doute une part du destin Français».

Emmanuel Macron : «Le pire a été évité, cette cathédrale, nous la rebâtirons» – Regarder sur Figaro Live

«C’est vous que je suis venu voir», lance Macron aux secouristes

Un projet ambitieux, pour lequel il s’est «engagé» à lancer dès mardi une «souscription nationale» qui ira «bien au-delà de nos frontières». «Nous rebâtirons Notre-Dame, parce que c’est ce que les Français attendent. Parce que c’est ce que notre Histoire mérite. Parce que c’est notre destin profond», martèle-t-il en conclusion, avant d’aller constater les dégâts à l’intérieur de la cathédrale.

Emmanuel Macron rentre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris – Regarder sur Figaro Live

Au terme d’un interminable zigzag entre les lances à incendie des pompiers qui jonchent le sol du parvis, il marque un temps d’arrêt. Il observe silencieusement. Face à lui, les bancs sont intacts. Mais au-dessus, une partie du toit a été soufflée par les flammes, et laisse entrevoir un ciel noir que seule une coulée de braises vient fendre.

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Après plusieurs minutes, il fait marche arrière. Main dans la main avec son épouse, il prend le temps de saluer chacune des équipes de secouristes. «C’est vous que je suis venu voir. Vous et vous seul», lance-t-il à une jeune femme qui le remercie de sa présence. Alors qu’il poursuit son chemin vers la Préfecture de police – où un drapeau tricolore est projeté sur le mur qui fait face à Notre-Dame -, il est rejoint par Édouard Philippe. Le premier ministre et le président de la République marchent côte à côte. Ils échangent quelques mots. Puis ils s’arrêtent au niveau de Laurent Nuñez, pour un ultime entretien. Ils regagnent enfin leurs convois respectifs, direction l’Élysée, Matignon et Beauvau. Il est plus de minuit et quart.