Ces clichés permettent de mieux comprendre l’interaction entre les ondes de choc créées par les deux avions quand ils produisent le “bang” caractéristique du franchissement du mur du son.

Les clichés ressemblent à de l’art abstrait, mais ils auront une application très concrète. La Nasa a publié, mardi 5 mars, des photos sans précédent des ondes de choc provoquées par deux avions supersoniques, dans le cadre de ses recherches sur la mise au point d’avions capables de franchir le mur du son sans produire de “bang sonique”.

Lorsqu’un avion dépasse la vitesse du son (environ 1 225 km/h), il créé des ondes de choc. La pression de l’air est très soudainement modifiée, ce qui se traduit par un “bang” caractéristique. Ce que montrent ces images, c’est comment ces ondes de choc interagissent quand deux avions dépassent cette limite côte à côte.

Selon un porte-parole de la Nasa, ces images ont été prises en décembre 2018, au dessus du désert de Mojave, en Californie. Les deux pilotes aux commandes de deux supersoniques T-38 ont volé à seulement neuf mètres l’un de l’autre, pendant qu’un troisième avion avait pour mission de photographier les ondes de choc à l’aide d’équipements de pointe.

Une autre image publiée par la Nasa le 5 mars 2019, également prise en décembre 2018, montrant les ondes de choc de deux avions franchissant le mur du son au dessus du désert de Mojave, en Californie.Une autre image publiée par la Nasa le 5 mars 2019, également prise en décembre 2018, montrant les ondes de choc de deux avions franchissant le mur du son au dessus du désert de Mojave, en Californie. (NASA)

Pouvoir prendre des images aussi détaillées des ondes de choc est “crucial” pour la mise au point du X-59 de la NASA, explique l’agence. Cet avion expérimental supersonique, espère-t-elle, sera capable de franchir le mur du son en produisant un simple grondement.

Une innovation importante car les “bangs soniques” génèrent des nuisances importantes : non seulement ils peuvent effrayer les personnes au sol, mais également causer des dommages, comme des bris de vitres. Certains pays et certaines villes avaient, pour cette raison, interdit au Concorde d’entrer dans leur espace aérien. Résoudre ce problème pourrait rouvrir la voir au retour des avions supersoniques commerciaux.