«La Moselle brûle un peu» : pourquoi la situation sanitaire du département inquiète et intrigue – Le Parisien

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On pourrait voir le verre à moitié plein. Non seulement le nombre de nouveaux malades du Covid-19 n’augmente pas, mais il a tendance à diminuer. « On est sur un plateau légèrement descendant », a synthétisé ce jeudi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran. Résultat : un répit assuré, pas de nouveau confinement prévu, une nouvelle semaine de liberté « gagnée ».

VIDÉO. Covid-19 : en Moselle, le nombre de cas de variants sud-africain et brésilien inquiète

Mais la tentation de voir la coupe à moitié vide se rapproche. « Attention, aux youpi trop hâtifs », est catégorique l’épidémiologiste Philippe Amouyel, ce spécialiste de santé publique qui a fait des variants sa bête noire. Or le ministre de la Santé ne l’a pas caché : non seulement le variant britannique progresse, et vite mais le spectre des mutations brésilienne et sud-africaine se précise dangereusement.

4 à 5 % des infections

Jusqu’à présent, « seule » Mayotte était impactée, très lourdement. Mais ça y est, les deux autres variants se faufilent dans l’Hexagone. Ils représentent aujourd’hui 4 à 5 % des infections au coronavirus. En Dordogne, 40 cas ont été identifiés, liés à des clusters, donc plus facilement maîtrisables par un renforcement du contact-tracing. Mais il y a un département où la situation « est plus inquiétante », selon les termes d’Olivier Véran. En Moselle, 300 tests ont révélé les mutations brésilienne et sud-africaine en quelques jours seulement, et sans identification de cluster. En clair, on ne sait pas d’où elles viennent.

« Depuis quelques jours, la situation devenait incompréhensible. Alors que le Grand-Est se porte relativement bien, la Moselle brûle un peu, nous confie Jean Rottner, le président (LR) de la Région, par ailleurs médecin urgentiste. L’incidence y est de 400 positifs pour 100 000 habitants, avec une forte augmentation chez les jeunes. C’est le constat, les variants peuvent être l’explication. »

Déjà, le maire de Metz demande un reconfinement du département. « Faut-il tester très massivement ? Reconfiner totalement ou le week-end ? Anticiper les vacances scolaires des enfants ? Tout doit être débattu rapidement », assure Rottner. Cela tombe bien, le ministre de la Santé a annoncé se rendre en urgence en Moselle ce vendredi pour évaluer au plus près la situation. Une concertation entre le préfet et les élus est ouverte, préparant les esprits à un retour aux décisions territoire par territoire.

Les doutes sur l’efficacité des vaccins

Mais qu’ont de particulier le « variant amazonien » (surnom de celui découvert au Brésil) et le 501.V2 (Afrique du Sud)? « Comme le britannique, 50 % plus transmissibles, on sait qu’ils sont plus contagieux. Mais contrairement à lui, des questions se posent sur la vaccination », pointe le professeur Philippe Amouyel. Ce mardi, l’OMS n’a pas caché son inquiétude sur une potentielle baisse de l’efficacité. Selon une étude d’une université de Johannesburg, le sérum d’AstraZeneca n’offrirait contre le variant de la pointe de l’Afrique, qu’une protection de 22 %.

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« Plus on laisse filer l’épidémie, plus le risque de diffusion est grand, alerte Philippe Amouyel. 20 000 cas par jour en France, c’est beaucoup ! Le virus circule, réplique, mute. Je souhaite que le gouvernement réussisse son pari risqué de ne pas reconfiner. » Et à Jean Rottner de prévenir : « Il n’y a pas de microclimat en Moselle, ce qui s’y passe peut arriver partout sur le territoire. »

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