La fusion du Bas-Rhin et Haut-Rhin signe le retour de l’Alsace – Le Parisien

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« Sincèrement, je ne comprends pas grand-chose au principe de cette nouvelle entité », concède Jean, un commerçant strasbourgeois. « Avec l’épidémie de Covid-19 et le couvre-feu, vous vous doutez bien que la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), ce n’est pas vraiment ma priorité du moment », renchérit Lisa, une étudiante colmarienne. Alors que la CEA voit officiellement le jour en ce 1er janvier, cette « supercollectivité » a du mal à passionner les foules en Alsace. Elle est pourtant le fruit d’un combat de plusieurs années, porté quasi unanimement par l’ensemble de la classe politique.

« Nos deux millions d’habitants n’ont jamais digéré la disparition de l’Alsace lorsque la région Grand Est a été créée en 2016. Le nom Alsace est à nouveau doté d’une identité institutionnelle », se félicite Frédéric Bierry, le futur ex-président (LR) du conseil départemental du Bas-Rhin. Un département qui subsiste au même titre que son voisin du Haut-Rhin alors que leurs deux administrations fusionnent en revanche pour ne faire qu’une.

« Pas tout à fait à un département, ni vraiment une région »

« La CEA est désormais composée de 6 000 agents territoriaux et de 80 élus, dont 46 Bas-Rhinois », explique Bernard Schwengler, politologue. Dotée d’un budget d’un peu moins de deux milliards d’euros, la CEA devient également l’une des collectivités les plus riches de France. « Pas tout à fait à un département, ni vraiment une région », comme la présente Bernard Schwengler, cette collectivité dispose de compétences supplémentaires actées par la loi du 2 août 2019.

« L’Etat transfère à la CEA la gestion de 300 km de routes et autoroutes. Notre nouvelle collectivité est également le nouveau moteur de la coopération transfrontalière avec la Suisse et l’Allemagne, se charge d’assurer la promotion du bilinguisme, mais joue également un rôle inédit en termes de promotion du territoire », détaille Frédéric Bierry, un élu présenté comme le grand favori pour être le futur Président de la CEA lors de la Séance d’Installation à Colmar (Haut-Rhin), le 2 janvier.

« Le lancement se déroule à Colmar mais n’y voyez en aucun cas un signe. Le choix de la localité du siège sera sans doute l’une des batailles les plus âpres entre les élus de la CEA, même si les Bas-Rhinois, plus nombreux, ont plus de chance de parvenir à installer cette collectivité à Strasbourg », analyse Bernard Schwengler. Le politologue s’interroge sur le devenir de cette CEA. Car certains élus et les associations régionalistes souhaitent aller plus loin. « L’Etat a offert un argument de choix aux défenseurs de l’indépendance de l’Alsace en créant cette nouvelle entité, estime Schwengler. Je pense que la grande perdante dans cette affaire, c’est la région Grand Est ». « L’Alsace ne se détache pas du Grand Est et je veillerai à ce que cette CEA n’empiète pas sur les compétences de la région » rétorque Jean Rottner, le président (LR) du Grand Est.

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