« La France n’est pas un Etat autoritaire. On n’est pas la Hongrie ou la Turquie » : Macron s’explique longuement et défend son bilan – Le Monde

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Lors de l’entretien accordé par Emmanuel Macron à Brut, le 4 décembre.

C’est une petite rupture dans la stratégie de communication d’Emmanuel Macron. Ces dernières semaines, l’Elysée théorisait le bénéfice pour le chef de l’Etat de se faire plus rare dans ses prises de parole, en se concentrant davantage sur l’international et les commémorations officielles. « Chacun est à sa place », affirmait-on, avec un président au-dessus de la mêlée et un gouvernement dans l’action au quotidien sur le front de la crise.

Mais la pression était devenue trop forte. Après deux semaines de vives polémiques autour des violences policières, qui ont engendré une grave crise au sommet de l’Etat, le président de la République a été contraint de replonger les mains dans le cambouis.

Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur Brut : Violences policières, discriminations, laïcité

Lors d’un entretien « sans concession », comme il l’a lui-même reconnu, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Brut, un site de vidéos prisé par les jeunes, vendredi 4 décembre. Laïcité, Turquie d’Erdogan, crise sanitaire… Interrogé pendant plus de deux heures sur de nombreux sujets, le locataire de l’Elysée s’est efforcé de déminer les attaques contre l’exécutif, face à des journalistes mordants, n’hésitant pas à lui couper la parole et à le relancer.

Le plus souvent sur la défensive, M. Macron a manifesté une volonté insatiable de « convaincre » ses contradicteurs sur chaque thème, n’hésitant pas à détailler longuement son argumentaire. Un échange aux faux airs de « grand débat », l’exercice qui avait réussi au chef de l’Etat après la crise des « gilets jaunes ».

« On n’est pas la Hongrie ou la Turquie ! »

Ce fut en particulier le cas sur les violences policières. Emmanuel Macron a récusé les attaques de l’opposition, qui lui reproche des « dérives liberticides ». « En France, les libertés sont réduites pour faire face à l’épidémie, oui, mais sur les autres sujets, je ne peux pas laisser dire cela », a-t-il affirmé. Avant de marteler : « La France n’est pas un Etat autoritaire. On n’est pas la Hongrie ou la Turquie ! »

Face au journaliste Rémy Buisine, récemment frappé par les forces de l’ordre lors de l’évacuation violente d’un camp de migrants, à Paris, M. Macron a refusé une présentation manichéenne, qui voudrait faire de la police l’unique coupable.

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Il a préféré renvoyer dos à dos les auteurs de violences, quels qu’ils soient, jugeant qu’on ne peut « pas avoir qu’un regard ». Certes, « il y a des policiers qui sont violents » et « qu’il faut sanctionner » de manière « implacable », a-t-il estimé, faisant notamment référence à l’agression d’un producteur noir par plusieurs fonctionnaires, à Paris. Mais il a aussi dénoncé les violences commises par des « gens ensauvagés » – un terme polémique utilisé par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin – contre les forces de l’ordre.

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