La démission de Frédérique Vidal réclamée par 600 membres du personnel de l’enseignement supérieur et de la re – franceinfo

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Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, va-t-elle rester au gouvernement jusqu’à la fin du quinquennat ? Après le tollé provoqué par ses propos sur l’“islamo-gauchisme” qui, selon elle, “gangrène” les universités françaises, et après avoir demandé au CNRS une enquête pour faire “un bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent dans notre pays”, quelque 600 membres du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche réclament sa démission dans une tribune publiée par Le Monde, samedi 20 février.

>> PORTRAIT. Au cœur de la polémique sur l'”islamo-gauchisme”, Frédérique Vidal fait toujours ses classes en politique

“Personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche publics, docteurs et ­docteures, doctorants et doctorantes des universités, nous ne pouvons que déplorer l’indigence de Frédérique Vidal, ânonnant le répertoire de l’extrême droite sur un ‘islamo-gauchisme’ imaginaire”, écrivent les signataires de cette tribune, parmi lesquels on trouve l’économiste Thomas Piketty ou encore la sociologue Dominique Méda.

“Comme dans la Hongrie d’Orban, le Brésil de Bolsonaro ou la Pologne de Duda, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l’intersectionnalité sont ­précisément ciblés”, poursuivent les sociologues, anthropologues, historiens, mathématiciens, archéologues, maîtres de conférence, doctorants, post-doctorants. “Nous nous insurgeons contre l’indignité de ce qu’il faut bien ­qualifier de chasse aux sorcières”, ajoutent-ils.

Pour eux, “Frédérique Vidal se saisit du thème complotiste ‘islamo-gauchisme’ et nous désigne coupables de pourrir l’université”. “Nous estimons une telle ministre indigne de nous représenter et nous demandons, avec force, sa démission”, tranchent-ils.

Le CNRS a rappelé, mercredi, que le terme d’“islamo-gauchisme” ne correspondait “à aucune réalité scientifique”. Quant aux présidents d’université, ils ont exprimé leur “stupeur”, critiquant également sévèrement la ministre : “Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition.”

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