La demande de PC est encore forte et devrait le rester dans les prochains mois

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La demande de PC est encore forte et devrait le rester dans les prochains mois

Après avoir enregistré des ventes record l’année dernière, la popularité des PC ne semble pas faiblir. Une nouvelle analyse d’IDC montre que les ordinateurs de bureau, les ordinateurs portables et les stations de travail ont maintenu des niveaux de croissance impressionnants en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (EMEA), tout au long du premier trimestre de 2021.

Les expéditions dans la région EMEA ont augmenté d’un peu plus de 44 % par rapport à la même période l’année dernière, pour atteindre près de 24 millions d’unités, selon IDC.

Cette tendance est conforme aux statistiques publiées tout au long de l’année dernière, qui a vu la demande de PC au niveau mondial atteindre les niveaux les plus élevés que le marché ait connus en une décennie. Avant l’envolée de 2020, le marché des PC avait connu des années de déclin.

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L’impact du télétravail et de l’apprentissage en ligne

« Cette crise a relancé une industrie qui était en déclin depuis plusieurs années, de 3 à 4% par an globalement » observe Arnaud Lépinois, PDG de HP France, à ZDNet.

Ce sont aujourd’hui près d’un million de machines par jour qui sont fabriquées par jour, donne à voir Arnaud Lépinois, sur la base des estimations réalisées par IDC. « A l’échelle mondiale, à peu près 240 millions d’unités étaient fabriquées en 2019, près de 300 millions en 2020 et on est sur une tendance à 365 millions d’unités fabriquées, tous constructeurs confondus et toutes plateformes confondues, pour 2021 » rappelle-t-il.

Arnaud Lépinois déclare qu’un basculement très net s’est produit « du desktop vers le laptop ».Avec le passage soudain au travail à distance et à l’apprentissae en ligne, « le poste de travail fixe s’est transféré vers la mobilité et l’ultra mobilité » explique-t-il. Alors que les ventes d’ordinateurs de bureau ont continué à chuter, la tendance à la baisse des PC en général a été compensée par un boom des appareils plus adaptés à la flexibilité du travail à distance et de l’éducation. En Europe occidentale, par exemple, les livraisons d’ordinateurs de bureau ont baissé de 21 % en glissement annuel, tandis que la demande d’ordinateurs portables a bondi de près de 75 % par rapport à l’année précédente.

Plus que le télétravail, le secteur de l’éducation a aussi joué un rôle central. « Beaucoup de gens sont déjà équipés pour le travail à distance, et le gros de la croissance est l’apprentissage à distance », explique à ZDNet Simon Thomas, analyste de recherche pour IDC. « C’est de là que vient le gros impact sur le plan commercial ».

Les ventes aux consommateurs ont bondi de plus de 65 %

Bien que les transactions du secteur commercial aient joué un rôle majeur dans la stimulation des ventes de PC, la demande des consommateurs a augmenté encore plus rapidement. Dans la région EMEA, en fait, la croissance des livraisons de PC commerciaux a augmenté d’environ un tiers d’une année sur l’autre, mais les ventes aux consommateurs ont bondi de plus de 65 %.

En Europe occidentale, la tendance est encore plus frappante : la croissance des ventes aux consommateurs a affiché une augmentation de plus de 75 % par rapport à la même période l’année dernière. Cela s’explique par le fait que les consommateurs cherchent de plus en plus à se divertir pendant les confinements successifs – et dans ce scénario, se tournent souvent vers les ordinateurs de bureau. En fait, alors que la demande d’ordinateurs de bureau a diminué dans le segment commercial, elle a augmenté de plus de 46 % en glissement annuel chez les consommateurs.

Selon Simon Thomas, le bond de la demande des consommateurs peut également être attribué à la réouverture progressive des magasins physiques. « Ces derniers mois, voire ces dernières semaines, les gens ont enfin eu l’occasion de voir les appareils qu’ils envisagent d’acheter », explique Simon Thomas. « Dans le même temps, ils ont économisé de l’argent, et le dépensent maintenant pour des appareils. Cela a permis à la demande des consommateurs de se renforcer. »

Interrogé par ZDNet, Arnaud Lépinois indique que « la France n’est pas exempte des grandes transformations qui se voient dans tous les pays du monde ». Se basant sur les chiffres IDC, tous constructeurs confondus, Arnaud Lépinois précise que « le marché français est à un peu plus de 2 millions d’unités sur le dernier trimestre ». Si ce nombre semble élevé, il est difficile d’établir une comparaison sûre avec les chiffres de l’an passé, puisqu’au début de la pandémie et des premiers confinements, la production s’est effondrée, avec la fermeture des usines en Chine notamment, met en garde le directeur de HP France. Le chiffre important à retenir, résume Arnaud Lépinois, est que la hausse constatée est « de l’ordre d’un tiers par rapport à l’an passé ».

Acer et ASUS voient leurs parts de marché respectives augmenter

Si les noms familiers dominent toujours la liste des principaux fournisseurs de PC, IDC a noté que les principaux acteurs perdent lentement leurs parts de marché. HP et Lenovo se partagent presque à égalité un peu plus de la moitié du marché, HP en tête, mais les deux entreprises voient leurs parts se réduire légèrement, respectivement de 0,6 et 1,2 point de pourcentage. En troisième position, Dell perd également une partie de ses parts de marché.

En revanche, Acer (8,5 % de parts de marché) et ASUS (7,3 % de parts de marché) voient leur position sur le marché augmenter. Les “autres” fournisseurs de PC connaissent également une croissance rapide, en particulier dans les ventes d’ordinateurs portables, où la concurrence s’intensifie face à des acteurs comme Microsoft, Huawei ou Samsung.

Tous les vendeurs devront toutefois gérer les problèmes de chaîne d’approvisionnement qui frappent le secteur depuis quelques trimestres. Depuis le deuxième trimestre de 2020, les expéditions mondiales de PC ont été confrontées à des pénuries de pièces et de composants de PC liées à une pandémie, ce qui signifie que les fournisseurs ont eu des difficultés à répondre à la demande explosive d’appareils. « Les premières pénuries sont apparues il y a trois ou quatre trimestres avec les processeurs, explique Simon Thomas, et depuis, elles se sont déplacées entre les panneaux, les cartes de circuits intégrés ou les semi-conducteurs, qui ont tous posé de gros problèmes. »

« On imagine parfaitement qu’en l’espace de 24 mois, les capacités industrielles de toute une industrie (semi-conducteurs, écrans, chassis, circuits intégrés, etc.) n’étaient pas prêtes pour fabriquer autant de dispositifs en si peu de temps » estime le directeur de HP France. Surtout qu’en face des PC, d’autres secteurs tel que l’automobile, les smartphones ou encore les produits électroménagers consomment les mêmes types de composants. En somme, « on a eu dans cette crise un boom du numérique mais aussi un boom de la consommation des outils électroniques au sens large du terme » commente-t-il.

Pas d’évolution significative avant les 3 à 6 mois

Arnaud Lépinois déclare que « cette pénurie pénalise extrêmement les délais de livraison et les délais de fabrication » de HP. A cela, s’ajoute aussi l’épineuse question de la logistique. « La disponibilité d’un conteneur ferroviaire en Chine aujourd’hui est extrêmement compliquée » poursuit le directeur.

Face à ce constat, Arnaud Lépinois ne s’attend pas à une évolution significative avant « les 3 à 6 procains mois ». Le directeur de HP France précise que si « certains composants sont de nouveau disponibles », d’autres, comme les semi-conducteurs, « subissent toujours une forte crise ». Une pénurie qui affecte d’autant plus HP que les plateformes d’imprimantes sont aussi impactées, ajoute le directeur. « Cela touche aussi la disponibilité des grandes acteurs de l’impression, car on a vu un boom de l’impression à la maison ».

Sans les défis liés à la chaîne d’approvisionnement, dit Simon Thomas, les expéditions enregistrées au cours du dernier trimestre auraient pu être encore plus élevées – et cela signifie que les prochains mois ne devraient pas voir une réduction des ventes de PC, la demande se reportant sur les trimestres à venir. « Malgré l’énorme demande actuelle, nous pensons toujours qu’il y aura beaucoup de demande jusqu’à la fin de 2021 », déclare Simon Thomas. « Ce n’est qu’en regardant vers 2022 que nous pensons que nous verrons plus de ralentissement ».

Alors que la demande s’apaise lentement, les chaînes d’approvisionnement seront également en mesure de rattraper le retard, estime Simon Thomas, mais il faut s’attendre à davantage de contraintes tout au long du reste de cette année.

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