La Commission se fixe une boussole numérique pour la prochaine décennie

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La Commission se fixe une boussole numérique pour la prochaine décennie

La Commission vient de présenter sa vision pour la transformation numérique de l’Europe d’ici à 2030. Cette « boussole numérique » tend à préserver l’autonomie numérique de l’Europe et booster le dynamisme des innovations technologiques et la croissance des entreprises du secteur.

Cette transformation numérique décennale semble « cruciale » à bien des égards, souligne la Commission, pour trouver d’une part « davantage d’autonomie numérique », mais aussi pour « réaliser la transition vers une économie neutre pour le climat, circulaire et résiliente ». Cette feuille de route devra guider le marché commun pour les dix prochaines années, s’appuyant sur un « ensemble de principes numériques » et sur le lancement d’un certain nombre de « projets multinationaux » pour engager les Etats membres dans ces chantiers de transformation.

Alors que la panémie a bouleversé l’organisation du travail et des sociétés, la Commission s’engage à renforcer les compétences numériques des citoyens et soutenir les professionnels du numérique hautement qualifiés. D’ici à 2030, l’objectif est d’arriver à un déploiement de 20 millions de spécialistes des TIC employés dans l’UE, souligne-t-elle. Pour accompagner ce volet humain, la Commission souhaite aussi soutenir les infrastructures numériques « sûres, performantes et durables » sur le Vieux Continent et faire en sorte que « tous les ménages de l’UE devraient disposer d’une connectivité en gigabit et toutes les zones peuplées devraient être couvertes par la 5G ».

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Doubler la production des semi-conducteurs en dix ans

Face aux répercussions de la crise sanitaire et la pénurie de composants, l’UE entend doubler sa part actuelle dans la production de semi-conducteurs pour atteindre 20% de la production mondiale. Une stratégie que la Maison-Blanche suit également. La nouvelle administration Biden a promis le mois dernier de prendre des mesures pour remédier à la pénurie mondiale de processeurs, en tentant notamment dans un premier temps d’identifier les goulets d’étranglement des chaînes d’approvisionnels de l’industrie.

Pour que les entreprises européennes restent compétitives, l’UE s’engage à booster leur transformation numérique et faire que « trois entreprises sur quatre » utilisent des services d’informatique en cloud, le big data ou l’IA à l’horizon 2030. Par ailleurs, l’UE estime que « plus de 90% des PME devraient atteindre au moins un niveau basique d’intensité numérique ». Aujourd’hui, il existe une marge de progression considérable pour les PME et TPE sur le terrain du digital. La croissance du e-commerce en 2020 a été révélatrice d’un certain retard pris par les petites entreprises, et notamment commerçants, dans ce virage numérique, qui n’avaient jusqu’à présent pas ou peu de présence en ligne.

Il en va de même également pour les services publics. L’UE souhaite que tous les services publics dits « clés » soient disponibles en ligne, à terme, et que les citoyens aient accès à leurs dossiers médicaux électroniques. En outre, l’UE se dit favorable à ce que 80% des citoyens européens utilisent une solution d’identification électronique. La France est plutôt proactive sur ce volet. A un an de l’élection présidentielle, le gouvernement vient notamment d’accélérer sa feuille de route numérique pour généraliser la disponibilité des services publics en ligne, et faire en sorte que d’ici l’an prochain 30 millions d’usagers utilisent le dispositif FranceConnect.

Des ressources « sans précédent », mais des défis colossaux

Pour combler les lacunes de l’UE sur le plan des capacités critiques, la Commission encourage le lancement de « projets plurinationaux » portés conjointement par des investissements européens, des Etats membres et du secteur. A cet effet, un effort est demandé aux Etats membres, qui s’engagent dans le cadre de ce plan à consacrer « au moins 20% des financements prévus dans leurs plans pour la reprise et la résilience à la priorité numérique ». Les principaux domaines visés concernent « une infrastructure paneuropéenne interconnectée de traitement de données, la conception et le déploiement d’une nouvelle génération de processuers fiables à basse consommation, ou des administrations publiques connectées ».

Pour Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive pour une Europe adaptée à l’ère du numérique, cette feuille de route remaniée est « le début d’un processus inclusif. Avec le Parlement européen, les Etats membres et les autres parties prenantes, nous travaillons à ce que l’Europe devienne le partenaire prospère, confiant et ouvert que nous voulons être dans le monde. »

Cet objectif de consacrer 20% du plan de relance de 750 millions d’euros à ce secteur vient s’ajouter à la composante numérique dotée de 7,5 milliards d’euros au sein du budget européen voté pour 2021-2027.

« Avec le nouveau budget pluriannuel et la facilité pour la reprise et la résilience, nous avons mobilité des ressources sans précédent pour investir dans la transition numérique. La pandémie a révélé à quel point les technologies et les compétences numériques sont essentielles pour travailler, étudier et communiquer, ainsi que les points sur lesquels nous devons nous améliorer” a déclaré Ursula von der Leyen.

La régulation du marché, l’autre chantier de l’UE

L’UE, qui a l’intention de conserver un rôle de premier plan dans la course technologique, met également les bouchées doubles sur le HPC et l’intelligence artificielle. L’Europe mobilise ainsi  2,2 milliards d’euros pour le calcul haute performance et les superordinateurs et 2,1 milliards pour les projets liés à l’IA sur son plan pluriannuel.

L’an passé, rappelons que l’Europe avait dévoilé sa grande stratégie en matière d’intelligence artificielle. L’objectif annoncé était d’attirer plus de 20 milliards d’euros d’investissements par an dans l’IA au cours de la prochaine décennie.

Pour réguler le marché numérique, l’Europe se prépare également à revoir sa régulation numérique au travers du Digital Services Acte (règlement sur les services numériques) et du Digital Mark Act (règlement sur les marchés numériques). Ces textes, qualifiés de nécessaires par les commissaires européens Margrethe Vestager etThierry Breton, proposeront de nouvelles obligations en matière de gestion des contenus et en matière de concurrence.

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