La Bulgarie suspend aussi le vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19, l’OMS se veut rassurante – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Le 21 janvier 2021, des employés indiens emballent des boîtes contenant des flacons  du vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19.

Après le Danemark, la Norvège et l’Islande, c’est au tour de la Bulgarie de suspendre, par précaution, vendredi 12 mars, l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19, en raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, quant à elle, voulu rassurer, déclarant vendredi qu’il « n’y a pas de raison de ne pas utiliser » le vaccin d’AstraZeneca. Margaret Harris, une porte-parole de l’OMS, a précisé, lors d’un point de presse de l’ONU à Genève, que les experts de l’organisation se penchaient sur les informations concernant la formation de caillots sanguins, mais a noté que pour l’heure aucun lien de cause à effet n’a été établi. « Toute alerte de sécurité doit faire l’objet d’une enquête », a-t-elle souligné.

« Nous devons toujours nous assurer que nous étudions toutes les alertes de sécurité quand nous distribuons des vaccins et nous devons les passer en revue, mais il n’y a aucune indication de ne pas l’utiliser. »

Lire aussi le récit : Le chemin de croix du vaccin d’AstraZeneca

« Les avantages l’emportent sur les risques »

La position du comité de sécurité de l’Agence européenne des médicaments (AEM), donnée la veille, est que « les avantages du vaccin continuent de l’emporter sur ses risques et que le vaccin peut continuer à être administré pendant que l’enquête sur les cas de thromboembolies est en cours », a déclaré jeudi l’agence après les décisions prises par les trois pays nordiques.

Selon l’AEM, en l’état des informations disponibles, le risque d’une plus forte coagulation sanguine chez les personnes vaccinées contre le Covid-19 « n’est pas supérieur à celui qui est observé sur l’ensemble de la population ». Selon son dernier comptage, mardi, seulement 22 cas de thromboses avaient été signalés pour plus de trois millions de personnes vaccinées dans sa zone (Union européenne, Norvège et Islande).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi AstraZeneca : l’Agence européenne des médicaments se veut rassurante malgré la suspension de l’utilisation du vaccin dans plusieurs pays

Mais ces déclarations ne semblent pas rassurer les autorités sanitaires de nombreux pays.

  • L’Agence nationale danoise de la santé a été la première à avoir renoncé à vacciner avec l’AstraZeneca, invoquant la prudence face à des « cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées » ;
  • la décision danoise a été suivie peu après du même choix en Islande et en Norvège, là aussi au nom du principe de précaution ;
  • l’Italie avait ensuite emboîté le pas, en interdisant l’utilisation d’un lot d’AstraZeneca. L’Agence italienne du médicament a précisé ne pas exclure d’autres mesures si cela était nécessaire ;
  • en début de semaine, l’Autriche a, elle aussi, cessé d’administrer un lot de ces vaccins, cette fois après la mort d’une infirmière de 49 ans à la suite de « graves troubles de la coagulation » quelques jours après qu’elle avait été vaccinée ;
  • vendredi, le premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a ordonné « un arrêt des vaccinations avec l’AstraZeneca jusqu’à ce que l’Agence européenne des médicaments (EMA) dissipe tout doute quant à son innocuité. » ;
  • le même jour, la Thaïlande a, de son côté, décidé de retarder le lancement de la campagne de vaccination avec l’AstraZeneca.

La France et l’Allemagne, les deux pays les plus peuplés de l’Union européenne, ont, quant à elles, réaffirmé qu’elles continueraient d’utiliser le vaccin.

La France a relevé et analysé « un cas de thromboses multiples » dans le contexte d’une « coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) » , indique vendredi l’ANSM dans un point sur la surveillance des vaccins anti-Covid-19. « Rien ne permet de conclure que cet effet soit en lien avec le vaccin » d’AstraZeneca, assure l’agence sanitaire française.

Lire le reportage : Vaccination à l’AstraZeneca : « Je fais confiance à mon médecin, je ne sais pas si je l’aurais fait sinon »

Mauvaise réputation

Il s’agit d’un nouveau contretemps pour le produit du laboratoire anglo-suédois, développé avec l’université d’Oxford : selon les études, son efficacité (environ 70 %) est moindre que celle de ses rivaux, Pfizer et Moderna. Son efficacité chez les personnes de plus de 65 ans a aussi été mise en doute en Europe, faute de données suffisantes, avant que des études se montrent rassurantes.

« La sécurité du vaccin a été largement étudiée dans les essais cliniques de phase III, et les données (…) confirment que le vaccin a été généralement bien toléré », a fait savoir à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole d’AstraZeneca. « Nous avons été clairs sur le fait que [le vaccin] est à la fois sûr et efficace », a déclaré, de son côté, un porte-parole du premier ministre britannique, Boris Johnson.

Vaccins contre le Covid-19 : suivez la progression de la vaccination en France et dans le monde

Notre sélection d’articles sur les vaccins contre le Covid-19

Le Monde avec AFP

Leave a Reply

%d bloggers like this: