Pierre Lebeau, le fondateur et CEO de Keecker, a annoncé le 12 mars 2019 la fin de son projet un peu fou. L’ancien Googler a dû se rendre à l’évidence : son robot vidéoprojecteur ne sera plus commercialisé, faute d’investisseurs.

Keecker. Derrière cette marque reconnaissable se cache un robot vidéoprojecteur autonome capable de suivre son propriétaire et de répondre à des commandes vocales. Il permet de regarder des films et la télévision, d’écouter de la musique, de naviguer sur le Web, etc. Pour rappel, la jeune société avait récolté 260 000 dollars sur Kickstarter en 2014.

Un robot de maison innovant qui avait presque tout pour lui

Cet engin innovant avait profité d’une belle mise en avant à son lancement commercial, en octobre 2017. C’est d’ailleurs à ce moment que la jeune entreprise avait annoncé une levée de fonds d’un montant de 4,5 millions d’euros auprès de Seb Alliance, Hardware Club et A Plus Finance. À peine deux ans plus tard, la startup parisienne, située non loin de nos locaux, doit mettre fin à son projet. Pierre Lebeau, le fondateur et CEO de Keecker, a expliqué l’arrêt de son activité à travers un long post publié sur Medium.

Comme souvent, la raison principale évoquée n’est autre que le manque de trésorerie. Bien conscient que la rentabilité n’arriverait pas tout de suite, Keecker avait basé en partie son modèle économique sur des levées de fonds régulières qui lui permettaient de continuer son activité pour, à terme, trouver l’équilibre.

Créer des produits hardware est chose difficile, mais nous y sommes arrivés. Créer des machines autonomes est chose difficile, mais nous y sommes arrivés. Créer une entreprise profitable en robotique B2C est encore plus dur et là nous n’avons pas pu convaincre assez d’investisseurs pour continuer”, conclut tristement l’entrepreneur.

Malheureusement, les milliers d’utilisateurs qui font fonctionner leur robot Keecker plus de 3,5 heures par jour, selon Pierre Lebeau, n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. Pour rappel, la startup a déployé plus de 1000 vidéoprojecteurs intelligents sur le marché.

Évidemment, le fondateur, très fier de l’accomplissement technologique, remet partiellement en question sa manière d’attaquer ce secteur. Ce produit premium vendu à partir de 1 700 euros n’a pas séduit massivement. De même, les limitations techniques, notamment la qualité du vidéoprojecteur (résolution 720p), ont sûrement freiné l’achat. Enfin, le faible nombre d’applications disponibles et l’absence d’une marketplace intégrée ont probablement desservi la startup.

“Au revoir Keecker”

Je sais que Keecker n’était pas parfait, nous n’étions pas parfaits, nous explorions un tout nouveau type de machine et d’interactions. Nous n’avons pas pu faire tout ce que nous voulions, pas par manque de savoir-faire, mais principalement par manque de moyen, de ressources et de personnel”, écrit-il.

Le 8 mars, la startup a publié sa dernière mise à jour OTA (Over The Air). Celle-ci supprime la dépendance du produit aux serveurs qui “cesseront de fonctionner un jour”. Cette date ne semble pas encore fixée. Ainsi, ils resteront utilisables par leurs propriétaires. En revanche, l’accès à distance aux vidéos, les fonctionnalités Home Analytics et vidéoconférence vont disparaître. De même, il ne sera plus possible de contrôler son robot depuis Alexa ou Google Assistant. Les personnes ayant des connaissances en développement pourront toutefois les recoder à l’aide du SDK disponible sur GitHub.

Pierre Lebeau, non sans une once de lyrisme, termine son post en remerciant les investisseurs et près de 70 employés qui ont conçu le robot vidéoprojecteur. Triste constat : c’est la troisième startup IoT d’envergure qui ferme ses portes cette année.