Dans un document, la Commission européenne déclare ne disposer d’aucune preuve démontrant réellement l’utilisation de logiciels Kaspersky à des fins d’espionnage au profit des autorités russes, comme le laissait entendre le gouvernement américain en 2017.

Ce document constitue la réponse de la Commission à une série de questions posées en mars par l’eurodéputé belge Gerolf Annemans. Le déclencheur, une motion déposée devant le Parlement européen en juin 2018.

Les accusations américaines seul élément à charge ? 

Celle-ci portait sur une stratégie générale et des lignes directrices en matière de cyberdéfense. La motion conseillait aux États membres de l’UE d’exclure et d’interdire les programmes et équipements “confirmés comme étant malveillants”, citant Kaspersky comme seul exemple.

La panique anti-Kaspersky s’est propagée aux US et en Europe. Le Royaume-Uni a par exemple mis en garde les organismes publics et les entreprises privées contre l’utilisation du logiciel Kaspersky sur les systèmes stockant des informations sensibles.

Kaspersky a nié toutes les accusations d’actes répréhensibles et a même ouvert un “Centre de transparence” en Suisse où les gouvernements européens pouvaient venir inspecter son code source. Toutes les données des utilisateurs européens doivent également y être stockées.

Dans sa lettre de mars 2019 à la Commission européenne, le député Annemans voulait savoir sur la base de quelles preuves le Parlement européen avait voté l’interdiction de Kaspersky. Un an plus tard, la Commission reconnaît ne disposer d’aucun élément à charge.

Prenant la parole au Kaspersky Security Analyst Summit ce mois-ci, Eugene Kaspersky, le fondateur de l’entreprise, a déclaré que l’interdiction du gouvernement américain faisait le bonheur des cybercriminels. Et d’autres éditeurs de sécurité peut-être aussi ?