Jonathann Daval a craqué, une seconde fois. Incarcéré à la maison d’arrêt de Dijon depuis sa mise en examen, fin janvier, pour « meurtre sur conjoint », le principal suspect a de nouveau avoué, vendredi 7 décembre, être le meurtrier de sa femme Alexia, lors d’une confrontation avec la mère de la victime au tribunal de grande instance de Besançon.

« Monsieur Daval s’est réfugié dans son déni pour, au bout d’une heure et quart, une heure vingt de confrontation, s’effondrer en sanglots et avouer finalement qu’il avait donné la mort à Alexia Daval », a déclaré le procureur de Besançon devant la presse.

Après l’aveu de son gendre, la mère d’Alexia Daval, Martine Henry, s’est dite « soulagée ». Selon le procureur, après ses aveux, Jonathan Daval « s’est mis à genoux devant sa belle-mère, manifestement pour solliciter son pardon ».

Rebondissements

Depuis un an, les rebondissements de l’affaire Daval alimentent la chronique de ce qui aurait pu être l’histoire tristement courante d’une femme tuée par son conjoint, comme 130 autres en France l’an dernier.

Après avoir affirmé qu’elle avait disparu durant un jogging, Jonathann Daval avait été arrêté, en janvier, et mis en examen pour « meurtre sur conjoint » face aux « éléments accablants » découverts lors de l’enquête. A l’issue de sa garde à vue, il avait avoué avoir étranglé sa femme au cours d’une dispute, tout en niant avoir brûlé le cadavre.

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Mais au début de l’été, l’informaticien a fait volte-face, assurant qu’il n’était pas responsable du meurtre et que sa femme avait en fait été étranglée par son beau-frère, Grégory Gay, au domicile des parents d’Alexia. Tous auraient ensuite conclu « un pacte secret » pour dissimuler les faits.

Zones d’ombre

Plusieurs éléments du dossier d’enquête, et autant de zones d’ombre, étaient apparus ces derniers jours dans la presse. Le premier est la découverte dans le véhicule professionnel de Jonathan Daval – qui aurait servi au transport du corps de son épouse – d’un cheveu de la mère du suspect, Martine Henry. Celle-ci s’est défendue mercredi 28 novembre de toute « complicité ».

Le second est une analyse toxicologique révélée par Le Parisien : la banquière de 29 ans, tuée à Gray-la-Ville dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017, aurait ingéré plusieurs substances dans les mois précédant sa mort. Trois molécules liées à des médicaments ont été retrouvées dans les prélèvements sanguins et capillaires effectués sur la dépouille : du zolpidem (un hypnotique utilisé comme somnifère), du tétrazépam (un décontractant musculaire) et surtout du tramadol (un antalgique opiacé).

Le 29 novembre, interrogé par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Besançon, Jonathann Daval avait maintenu sa version d’un complot familial.