Jeff Bezos a annoncé jeudi 7 février qu’un haut dirigeant du National Enquirer avait tenté de le faire chanter en menaçant de publier des photos de nus en échange de la fin d’une enquête sur la façon dont la publication avait obtenu des SMS échangés entre le milliardaire et sa petite amie.

Dans un billet de blog très personnel, Bezos déclare que le National Enquirer a récemment menacé de publier des photos intimes de lui et de Lauren Sanchez, une ancienne animatrice de télévision avec laquelle le patron d’Amazon entretenait des relations intimes. Le message de Bezos inclut des échanges de courriels qui, selon lui, prouvent une tentative d’extorsion dirigée contre lui.

Capituler devant l’extorsion et le chantage ? Non

« Plutôt que de capituler devant l’extorsion et le chantage, j’ai décidé de publier exactement ce qu’ils m’ont envoyé, malgré le coût personnel et l’embarras dont ils me menacent » écrit Bezos, citant des courriels envoyés par American Media Inc., éditeur du National Enquirer.

Dans les courriels, un cadre de l’AMI menace de publier les photos à moins que Bezos ne fasse de fausses déclarations selon lesquelles l’éditeur n’a jamais été « politiquement motivé ou influencé par des forces politiques » explique le patron d’Amazon.

Le dirigeant du e-commerçant note que David Pecker, PDG d’American Media, a récemment conclu un accord d’immunité avec le ministère de la Justice afin de révéler le rôle du président Donald Trump dans les accords financiers conclus avec des femmes avant les élections américaines de 2016.

AMI a admis en décembre avoir « travaillé de concert » avec la campagne Trump pour payer une femme qui accusait Trump d’avoir eu une liaison avec elle. L’éditeur a acheté les droits de cette histoire afin qu’elle ne soit jamais publiée.

Le National Enquirer a été le premier à publier les détails de la relation entre Bezos et Sanchez, ce qui a mené au divorce entre le fondateur d’Amazon et MacKenzie Bezos, son épouse pendant 25 ans. L’éditeur détiendrait donc des photos intimes du milliardaire.

“Eh bien, ce [courriel] a attiré mon attention. Mais pas comme ils l’espéraient. Tout embarras personnel que AMI pourrait me causer passe au second plan parce qu’il s’agit d’une question beaucoup plus importante ici. Si dans ma position, je ne peux pas m’opposer à ce genre d’extorsion, alors combien de personnes le pourraient ? » écrit Bezos.

La publication de ce billet de blog intervient dans un contexte de tension permanente entre Bezos et Trump. Le président américain critique régulièrement le patron, par ailleurs propriétaire du Washington Post, dont la couverture éditoriale est réputée hostile au chef d’Etat.