Jean Castex face à nos lecteurs : «Il faut rétablir la confiance» – Le Parisien

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C’est dans le « Salon Bleu », qui surplombe l’immense jardin de l’hôtel Matignon que Jean Castex, le nouveau Premier ministre accueille nos lecteurs en ce mardi après-midi, à la veille de son discours de politique générale à l’Assemblée.

Le mètre réglementaire entre chaque participant est scrupuleusement respecté autour de l’imposante table ovale. Epidémie de Covid-19 oblige, c’est à distance que celui qui était encore il y a deux semaines le « monsieur déconfinement » d’Edouard Philippe, salue nos lecteurs. « Vous devez être impressionné comme je le suis moi-même », leur glisse-t-il d’entrée de jeu.

Manière de souligner que lui, et son « accent du sud », n’est pas du sérail. Comme à chacune de ses interventions, il convoque « ses trois grands-parents instituteurs et ma mère institutrice ». De quoi faire oublier son CV d’énarque pour celui qui espère retisser un lien de confiance avec les Français.

CRISE SANITAIRE. « Plus l’épidémie repartira fort, plus les mesures seront strictes »

Maxime Azran. Pourquoi avoir décidé de rendre le port du masque obligatoire dans les espaces fermés ?

JEAN CASTEX. Pour l’instant, la circulation du virus en France est beaucoup moins forte que dans d’autres pays, mais on n’est pas à l’abri d’une rechute. Il faut donc se préparer à une deuxième vague, mais en évitant par tous les moyens de retomber dans un confinement généralisé dont on connaît les conséquences sur l’économie et la société.

J’ai proposé que le port du masque soit intensifié et comme l’a annoncé le Président de la République, il sera rendu obligatoire dès le 1er août dans les commerces et les lieux recevant du public. Si on constatait avant cette date que l’épidémie reprenait, on avancerait cette échéance mais ce n’est pas la peine d’angoisser la population. Quant aux entreprises, elles doivent gérer au cas par cas, en fonction des situations.

Jean-Claude Dargenton. Quelles seront les mesures prises si l’épidémie repart ?

On a préparé un plan prévoyant toutes les hypothèses, y compris le recours à la quatorzaine dans certains cas. Plus l’épidémie repartira fort, plus les mesures seront strictes. Mais on dispose désormais d’indicateurs plus localisés qui nous permettront, si cela se révélait nécessaire, par exemple de reconfiner de manière ciblée sur telle ou telle partie du territoire ou d’un département.

Nous avons par ailleurs aujourd’hui suffisamment de tests pour proposer aux gens, dès qu’ils ont le moindre doute, d’aller se faire tester. Je suis allé en Guyane cette semaine et pour la première fois, j’ai dû subir un test. Ce n’est pas une partie de plaisir et j’espère qu’on progressera dans les tests salivaires! Il faut que la pratique du test se développe et on sera proactif en proposant dans certains quartiers ou secteurs d’activité, comme les abattoirs, des tests aux habitants et aux salariés.

Joël Klaiber. Comment allez-vous gérer les Ehpad si la seconde vague arrive ? Je vous pose la question car ma grand-mère est morte pendant le Covid-19 dans l’indifférence générale sans que l’on ne puisse l’accompagner dans sa fin de vie.

Ce sont des situations très malheureuses que j’ai vécues en tant que maire. Je reconnais qu’on a connu dans les Ehpad des périodes très difficiles. Nous avons mis en place un dispositif renforcé de protection des personnels mais il y a, comme vous le dites, la question des visites, car toute personne venant de l’extérieur peut être porteuse, même sans le savoir, du virus. Il ne faudrait jamais couper le lien entre les personnes vivant en Ehpad et leurs proches et nous réfléchissons à développer des communications vidéos avec les familles, par exemple.

Joël Klaiber. Car la solitude tue aussi.

Vous avez tout à fait raison. S’il y avait des mesures de reconfinement plus fortes localement, j’ai demandé à ce que l’on se donne les moyens de lutter contre l’isolement affectif des personnes vulnérables.

Nabila Zidane. Suite à cette crise, on a abouti à un Ségur de la santé que les soignants attendaient depuis longtemps. 180 euros net par mois et 15 000 nouveaux postes créés, cela suffira-t-il à calmer notre colère ?

Je l’espère. C’est un effort sans précédent. J’ai été directeur des hôpitaux. Nous menions des consultations avec les représentants du personnel pour améliorer les conditions de travail et moderniser les hôpitaux. Sans surprise, il n’y en avait jamais assez. Mais jamais je n’ai eu la chance de mener des négociations où l’on a pu mettre 8 milliards d’euros sur la table!

C’est Edouard Philippe qui a engagé ces négociations, j’y ai mis ma petite touche : j’y ai rajouté 1,5 milliard d’euros à mon arrivée ! J’ai aussi souhaité qu’il y ait des créations de postes. Car si les personnels soignants sont mieux payés mais qu’ils continuent à courir partout dans leurs services parce qu’ils manquent de collègues, ça ne sera pas suffisant. Nous n’avons pas décidé ça seuls, mais avec les représentants syndicaux et dans le cadre d’une négociation. Et il y a bien longtemps qu’à l’hôpital, nous n’avions pas abouti à un accord majoritaire. Cela signifie qu’il faut prêter dans ce pays davantage d’attention au dialogue social.

Nabila Zidane. On a quand même le sentiment que c’est une goutte d’eau dans un vase déjà trop plein…

Rappelons quand même que l’on a un système de santé performant, un des seuls au monde où un SDF est aussi bien soigné qu’une personne riche. C’est tout à notre honneur. Je reconnais néanmoins qu’il faut mettre plus de moyens. On ne pourra pas tout changer du jour au lendemain, mais le Ségur est un premier pas très important.

Maxime Azran. Beaucoup de théories du complot ont fleuri pendant la crise. Il y a aussi eu les polémiques autour du professeur Raoult et l’hydroxychloroquine. On ne sait plus qui dit vrai. Que faire pour mieux informer les Français et éviter les fake news ?

Le complotisme, la circulation de fausses informations, cela reflète le fait qu’une partie de notre société ne fait plus confiance aux pouvoirs publics, à « ceux qui gèrent ». Aujourd’hui, les gens se disent spontanément que les politiques mentent. A la tête de ce gouvernement, ma modeste contribution sera justement d’essayer de restaurer la confiance. C’est un mot-clé! Un pays où depuis des années la confiance s’émousse est une société qui vit mal. Quant au professeur Raoult, il bénéficie aussi du fait que la science ne sait pas tout. Je n’ai rien pour ou contre lui, mais de ce que je vois, il n’y a pas de poudre miracle.

PODCAST. Coronavirus : le professeur Raoult a-t-il trop fait la leçon ?

Maxime Azran. Alors que faire ?

Il faut être humble et éviter les effets de manche, tout simplement, parce que plus personne n’y croit ! On doit se concentrer sur l’exécution de nos engagements et être très pédagogiques. Cela renvoie aussi au sujet des réseaux sociaux. Il y a quelque chose de choquant, c’est l’anonymat. On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes. Dans ces conditions, les réseaux sociaux c’est le régime de Vichy : personne ne sait qui c’est ! Je suis pour la liberté d’expression, mais si on se cache, les conditions du débat sont faussées. C’est un sujet dont il va falloir que l’on s’empare.

Maxime Azran. Cela veut dire que vous allez remettre une loi sur le métier ?

Personnellement je pense qu’il faudrait réglementer un peu tout cela. Pour autant, pourrais-je le faire maintenant ? Ce n’est pas certain. Si on commence à dire aux gens que l’on va tout faire, ils ne nous croiront pas. Il faut choisir ses priorités. Ma priorité absolue, c’est de lutter contre le chômage pour la reconquête économique.

SOUVERAINETÉ ECONOMIQUE. « Nous devons tout faire pour consommer français »

« Une partie des Françaises et des Français vont devoir changer d’emploi à la faveur de la crise », prévient Jean Castex./LP/Olivier Arandel
« Une partie des Françaises et des Français vont devoir changer d’emploi à la faveur de la crise », prévient Jean Castex./LP/Olivier Arandel  

Charlotte Vassant. On a demandé aux agriculteurs d’assurer la souveraineté alimentaire pendant le Covid-19. Mais aujourd’hui, les grandes surfaces se remettent à importer des produits moins chers de l’étranger. Que faire pour changer cela ?

Le plan de relance de 100 milliards d’euros que le gouvernement présentera dès cet été va permettre d’améliorer la compétitivité de notre pays, en particulier dans les secteurs exposés à la concurrence. Nous allons cibler les aides, les financements, pour que nos modes de consommations évoluent et privilégient les circuits courts. Nous devons tout faire pour consommer Français et de qualité.

Joël Klaiber. Je suis salarié d’Alstom et l’usine va être revendue… à la demande de Bruxelles. Ne trouvez cela pas contradictoire avec la souveraineté économique défendue par Emmanuel Macron ?

Soyons clairs, il va y avoir des secteurs qu’il va falloir reconvertir. Une partie des Françaises et des Français vont devoir changer d’emploi à la faveur de la crise, ce qui n’est jamais simple. Ma priorité sera de doper les secteurs économiques qui ont un avenir structurel, comme c’est le cas pour Alstom, ou investir dans les nouvelles technologies. Et s’agissant des personnes, mettre le paquet sur leur accompagnement.

Joël Klaiber. A 40 km d’Alstom, il y a aussi Smart où les salariés ont accepté de travailler 39 heures payées 37 et aujourd’hui Daimler vend l’usine. Comment faire tenir parole aux entreprises ?

Je ne vais pas vous dire qu’on va interdire la vente d’une usine, vous ne me croiriez pas. Il faut qu’on se donne les moyens de trouver des repreneurs y compris en investissant dans le capital si nécessaire, de façon temporaire, pour préserver l’emploi. On va faire des contrats de reconversion, par bassins d’emplois. Il faudra des solutions adaptées pour chaque salarié.

RETRAITES, EMPLOI, FISCALITÉ. « Les régimes spéciaux doivent disparaître »

« C’est d’abord en investissant dans la croissance que l’on retrouvera des recettes », estime Jean Castex./LP/Olivier Arandel
« C’est d’abord en investissant dans la croissance que l’on retrouvera des recettes », estime Jean Castex./LP/Olivier Arandel  

Ouarda Benlaala. Allez-vous vous acharner comme Edouard Philippe sur la réforme des retraites ? La France est cassée en deux par la crise sanitaire, il y aura des vies brisées par le chômage en septembre…

Le régime universel, qui a l’ambition d’être plus juste, est un engagement du président de la République : on va y aller, dans la durée. Les régimes spéciaux doivent disparaître. Si l’on traite correctement ceux qui en relèvent, l’immense majorité des Français adhérera à cet objectif d’équité. Je veux avoir à la fois un discours d’apaisement, mais aussi de responsabilité.

Je ne peux pas à la fois dire que les retraites afficheront 27 milliards de déficit à la fin de l’année et mettre cela sous le tapis. Je veux avoir l’avis de partenaires sociaux. Mais il faut mettre de l’ordre dans les priorités. C’est d’abord en investissant dans la croissance que l’on retrouvera des recettes et que nous pourrons rembourser dans la durée la dette liée au Covid-19. Parce que, oui, la crise aura un coût important, ses conséquences ne seront hélas pas « gratos ».

Jean-Claude Dargenton. Cela veut dire qu’il faudra travailler plus longtemps ?

Sur le principe, je suis favorable à ce que la France travaille davantage. Mais, dans la période, ma priorité sera de lutter contre le chômage qui va, hélas, augmenter. On avait fait une réforme de l’assurance chômage avant la crise, à une période où le chômage baissait et où il y avait des offres d’emploi non satisfaites. Faut-il continuer à la mettre en œuvre comme prévu ? Il faut être pragmatique et en discuter avec les partenaires sociaux. Je ne suis pas un idéologue : ma priorité, c’est la lutte contre le chômage et la construction d’une économie plus forte.

Maxime Azran. J’ai 23 ans, je vais arriver sur le marché du travail en pleine crise économique…

Un kiné ne devrait pas avoir du mal à trouver. Moi j’en cherche un! Vous êtes formé, c’est bien, mais je m’inquiète pour les 700 000 à 800 000 jeunes qui vont entrer sur le marché du travail. Une large part du plan d’urgence leur sera consacrée avec des baisses de charges massives sur le premier emploi. On va faire baisser le coût du travail pour que les entreprises embauchent très vite des jeunes, mais pas en les payant moins — certains gouvernements avaient voulu faire ça, les jeunes étaient descendus dans la rue et je les comprends.

C’est l’Etat qui va faire l’effort. Pour les étudiants qui ne trouveront pas d’emploi à la sortie, on leur permettra de poursuivre leur formation. Et pour les décrocheurs scolaires, qui ont encore moins de chances, on va mettre le paquet sur tous les dispositifs de formation, de qualification et l’apprentissage qui marchent bien. Je parlais tout à l’heure de la société de la confiance ; je ne veux pas que les jeunes entrent désespérés dans la société.

Ouarda Benlaala. Emmanuel Macron vient d’annoncer que la taxe d’habitation n’allait pas être supprimée pour les 20 % les plus aisées. Vous tapez tout le temps sur les classes moyennes !

Attention, le président de la République l’a évoqué comme une hypothèse. En gros, il ne s’agirait pas d’augmenter un impôt mais de décaler d’un ou deux ans une baisse déjà programmée. On ne vous créerait pas un impôt en plus, on vous décalerait un impôt en moins. Nous allons faire beaucoup de dépenses, y compris pour aider les ménages et les entreprises. On ne peut pas laisser tout filer. Mais j’entends ce que vous me dites sur les classes moyennes. Le président de la République l’a rappelé, les impôts ne doivent pas augmenter.

POLICE. « J’affirme clairement le soutien du gouvernement dans sa police »

Carlos Bilongo. Une partie de la population a beaucoup de défiance envers l’uniforme. Il y a des faits avérés de racisme dans la police. Comment retisser le lien entre la police et les citoyens ?

Il faut rétablir la confiance. Partout. Premièrement, j’affirme clairement le soutien du gouvernement et sa confiance dans sa police et dans sa justice. Deuxièmement, il faut rétablir le dialogue même si je ne crois pas que la confiance entre la population et sa police soit si altérée! Je tiens beaucoup à la police du quotidien. Il y a toutefois des lignes rouges. A commencer par la violence. Cela s’applique à tous, à la population comme aux agents publics. Les policiers seront équipés de caméras piétons, ce qui permettra de répondre à la question du contrôle au faciès. La République ne tolère pas le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie… Mais à partir du moment où les gens sont violents, il faut faire respecter l’ordre républicain.

ENVIRONNEMENT. « L’action gouvernementale doit être davantage tournée vers des circuits courts »

« L’objectif de ne plus utiliser le glyphosate est un bon objectif », souligne Jean Castex./LP/Olivier Arandel
« L’objectif de ne plus utiliser le glyphosate est un bon objectif », souligne Jean Castex./LP/Olivier Arandel  

Charlotte Vassant. Les agriculteurs doivent arrêter le glyphosate à la fin de l’année, mais nous n’avons pas solutions alternatives…

J’ai demandé au ministre de l’Agriculture de faire des propositions. Je comprends les conséquences que cela peut avoir pour les agriculteurs, Il faut les prendre en compte, mais cela ne peut pas durer. L’objectif de ne plus utiliser le glyphosate est un bon objectif. Je ne remets pas en question les positions qui ont été prises auparavant. Dialoguons, mettons-nous autour de la table pour parvenir à arriver à une agriculture qui soit plus respectueuse de l’environnement, dans l’intérêt des agriculteurs comme de tous les Français.

Carlos Bilongo. La convention citoyenne prévoit un moratoire sur les centres commerciaux. Est-ce une bonne solution pour préserver les commerces de proximité ?

Je suis maire d’une commune rurale. La crise des centres-villes, je la connais. Les grandes surfaces, cela fait 50 ans qu’elles se développent. Le moment est venu de dire que ces grands centres commerciaux ne correspondent plus à la société que les Français veulent. Nous n’allons pas fermer celles qui existent mais il faut marquer une pause dans leur développement. L’action gouvernementale doit être davantage tournée vers des circuits courts, vers la proximité. C’est une des leçons de la crise.

AFFAIRE DARMANIN. « Sa nomination est intervenue sur ma proposition »

« Il aurait été profondément injuste de condamner par avance Gérald Darmanin », jugeJean Castex./LP/Olivier Arandel
« Il aurait été profondément injuste de condamner par avance Gérald Darmanin », jugeJean Castex./LP/Olivier Arandel  

Nabila Zidane. Emmanuel Macron met en avant sa volonté de lutter contre les inégalités femmes-hommes. Comprenez-vous la colère après la nomination à l’Intérieur de Gérald Darmanin sous le coup d’une enquête pour viol ?

La nomination de Gérald Darmanin est intervenue sur ma proposition et je l’assume. Je comprends tout, y compris l’émotion des gens. Croyez-moi, je n’en dirai pas plus, mais c’est un sujet auquel je suis particulièrement sensible. J’ai donc regardé quelle était la situation, en m’appuyant sur tous les éléments publics et les jugements rendus par la justice. J’ai acquis la conviction qu’au-delà de la présomption d’innocence — qui est un principe constitutionnel — je pouvais en mon âme et conscience proposer la nomination de M. Darmanin au ministère de l’Intérieur.

Nabila Zidane. Vous parlez de confiance. Ce n’est pas rompre la confiance que de nommer quelqu’un sous le coup d’une enquête à un poste clé du gouvernement ?

Si maintenant, on écarte des gens dès le début d’une procédure… Je vous répète qu’au vu de ce que nous savons, je pense qu’il aurait été profondément injuste de condamner par avance Gérald Darmanin. S’il était démontré que je me suis trompé, j’en tirerais toutes les conséquences.

Jean-Claude Dargenton. Vos amis et vos adversaires politiques disent que vous êtes un homme loyal, mais que vous n’écoutez pas forcément si on n’est pas du même avis que vous…

Mes amis disent ça? Mes adversaires plutôt! Il faut dialoguer, il faut rechercher le consensus, mais à un moment, que voulez-vous, il faut décider… Je suis à la fois un homme de dialogue et de responsabilité.

Jean Castex et les lecteurs de notre journal

/LP/Olivier Arandel
/LP/Olivier Arandel  

Autour de Jean Castex, de gauche à droite : Carlos Bilongo, 29 ans, entrepreneur, Villiers-le-Bel (95) ; Charlotte Vassant, 46 ans, agricultrice, Attily (02) ; Ouarda Benlaala, 47 ans, cheffe d’entreprise, Paris (XXe) ; Maxime Azran, 23 ans, étudiant, Paris (XIe) ; Joël Klaiber, 39 ans, service qualité, Strasbourg (67) ; Jean-Claude Dargenton, 61 ans, retraité, Saint-Maur (94) ; Nabila Zidane, 29 ans, infirmière en réanimation, Yerres (91).

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