Jean Castex en Périgord : une visite façon surprise du chef au personnel hospitalier et aux vaccinés – Sud Ouest

Spread the love
  • Yum

Par Pascal Rabiller

Le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ont fait samedi une visite de dernière minute au centre hospitalier et au « vaccinodrome » de Périgueux

Virginia était descendue dans un des halls du centre hospitalier de Périgueux se chercher une brioche dans un distributeur automatique. Le petit-déjeuner de la toute jeune maman de Souhade, trois jours, actuellement en service néonatalité, n’a pas été oublié, mais il n’a pas suffi à lui éviter un petit creux sur le coup de 9 heures, ce samedi 3 avril. Virginia n’a finalement pas trouvé son bonheur mais elle est tombée presque nez à nez avec le Premier ministre, Jean Castex, et son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, tout juste sortis du mini-van accompagné d’une colonne de véhicules qui les escortaient depuis l’aéroport de Bassillac. “Je ne m’attendais pas à ça”, souriait-elle, avant de rejoindre sa chambre et sa petite dernière, dans une robe de chambre qui la protégeait assez mal du vent de nord-est balayant l’extérieur de l’hôpital.

« Un signal fort pour nos équipes »

Moins surpris, même s’ils avaient été prévenus seulement la veille du déplacement de Jean Castex, Thierry Lefebvre, directeur du lieu, et le docteur Gaëlle Ranchou, présidente de la Commission médicale du centre hospitalier qui mobilise 2 500 salariés pour une capacité de 1 260 lits et places, étaient à la tête du comité d’accueil. « Ce genre de visite du Premier ministre, même calée au dernier moment, cela reste toujours un signal fort envoyé à nos équipes qui sont sur le pont depuis un an et qui ont besoin de soutien », estime Thierry Lefebvre.

Sur le meme sujet

Des équipes qui ont dû déprogrammer 40 % d’actes chirurgicaux pour mettre quatre lits de réanimation supplémentaires à la disposition des malades qui engorgent le service. « Nous avons dédié 18 places de réanimation aux patients covid, 14 sont actuellement occupées », assure le directeur. « Nous travaillons avec les hôpitaux de Bergerac et la clinique Francheville de Périgueux, mais aussi avec Libourne, en Gironde, pour répartir les patients les moins atteints », explique le docteur Ranchou. « Aujourd’hui, le variant britannique concerne 80 % des cas hospitalisés, 10 % les variants sud-africains, brésiliens, le reste concerne le virus d’origine. »

Titre
Jean Castex (ici aux côtés du directeur Thierry Lefebvre) et Gérald Darmanin lors de la visite du service de réanimation de l’hôpital de Périgueux.

Crédit photo : Stéphane Klein/ “Sud Ouest”

750 vaccinations par jour

Après un passage de quelques minutes dans le service de réanimation, où il a salué les équipes « sur le pont » – certaines n’ont pas eu de vacances depuis juillet dernier -, Jean Castex et Gérald Darmanin, dont l’agenda originel comportait uniquement une visite de la gendarmerie de Brantôme et du centre de formation des forces de gendarmerie à Saint-Astier, ont fait un autre détour « santé » vers l’espace de la Filature de L’Isle, vaste espace de réception transformé en grand centre de vaccination à l’initiative de la municipalité de Périgueux.

« Nous sommes confrontés régulièrement à la mauvaise humeur de patients qui veulent tel vaccin, pas un autre… »

Actuellement, 750 personnes sont vaccinées sur ce site chaque jour. « Mais nous souhaitons monter à 1 000 », souligne Geneviève Demoures, l’une des volontaires en charge des candidats au vaccin Pfizer. Cette médecin gériatre retraitée passe deux jours ici et deux jours à Bergerac, chaque semaine, dans le cadre de la campagne actuelle. « Il faut arrêter de tergiverser, il faut vacciner massivement. Je suis effarée de constater encore la réserve qui existe sur le sujet dans les professions médicales », lâche-t-elle. Une patiente, Isabelle, elle-même ex-gériatre, confiait quelques minutes auparavant, fataliste : « Il faut bien le faire, mais je n’étais pas particulièrement demandeuse. »

Quelques mètres plus loin, François, 40 ans, fait figure de jeune homme. « Je suis technicien de laboratoire. C’est pourquoi je vais être vacciné aujourd’hui. Mais personnellement, je le fais moins par souci de santé que pour pouvoir voyager bientôt » glisse-t-il.

« Ceux qui grognent et ceux qui agissent »

« Nous sommes confrontés régulièrement à la mauvaise humeur de patients qui veulent tel vaccin, pas un autre… Nous rassurons en vérifiant les données de santé, les facteurs de risque. Il y a un ou deux reports de vaccination par jour, pas plus », note un médecin volontaire. « Ceci dit, autour des vaccins, ça grogne beaucoup non, Monsieur Castex ? », a-t-il poursuivi en interpellant Jean Castex.

« Il y a ceux qui grognent et ceux qui agissent », a répondu le Premier ministre, avant de reprendre la route en direction de la gendarmerie de Brantôme, qui fête ses 300 ans, et du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier où le sujet du covid s’est bien sûr invité. Après tout, l’inventeur, en 1720, de la gendarmerie succédant à feu la maréchaussée, un certain Claude Leblanc a aussi inventé les attestations de déplacement en temps d’épidémie…

Sur le meme sujet

Leave a Reply

%d bloggers like this: