Jean Castex détaille de nouvelles mesures contre le Covid-19 : confinement le week-end dans le Pas-de-Calais, 23 départements en surveillance renforcée… – Le Monde

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Le premier ministre, Jean Castex, a dévoilé, jeudi 4 mars, de nouvelles restrictions pour freiner la propagation du coronavirus en France, lors d’une conférence tenue aux côtés du ministre de la santé, Olivier Véran. Confronté à la lente progression de l’épidémie depuis des semaines, à la menace des variants et à de fortes disparités entre les territoires, le gouvernement reste fidèle à sa stratégie visant à « gagner du temps » pour éviter un nouveau confinement généralisé, dans l’espoir d’un retour progressif à la normale à partir du mois d’avril grâce à l’accélération de la campagne de vaccination.

Depuis la semaine dernière, le premier ministre a fait le constat suivant : « La circulation du virus a continué à progresser, mais à une vitesse moindre que ce que nous pouvions craindre. Nous ne sommes pas à une hausse exponentielle de l’épidémie. » Concernant la contamination chez les personnes âgées, elle « continue de se réduire, de 17,5 % chez les plus de 80 ans sur les deux dernières semaines. J’y vois les effets de la vaccination », a dit M. Castex. « Le variant anglais représente plus de 60 % des contaminations dans notre pays », a-t-il précisé.

Bien que l’épidémie soit présente de manière « inégale » à travers le pays, M. Castex a jugé « impossible, à ce stade, d’envisager des mesures d’assouplissement territorialisées ».

Sur le front épidémique, la France a enregistré jeudi plus de 25 000 cas de contamination. Les décès liés au Covid-19 ont augmenté de 295 en vingt-quatre heures dans les hôpitaux, portant le bilan à 87 747 morts depuis le début de l’épidémie dans le pays.

  • Trois nouveaux départements en surveillance renforcée, le Pas-de-Calais confiné le week-end

Le gouvernement a placé trois nouveaux départements – les Hautes-Alpes, l’Aisne et l’Aube – sous surveillance renforcée en raison de la progression du virus, ce qui porte à 23 le nombre de départements sous ce statut, a annoncé M. Castex. Ces départements « ont connu une progression telle depuis une semaine qu’ils ont franchi le seuil de 250 [cas] pour 100 000 [habitants] et s’ajoutent donc à la liste des vingt départements placés sous surveillance renforcée », a déclaré le premier ministre.

Au 4 mars, vingt-trois départements sont sous surveillance renforcée.

L’épidémie continue de progresser dans les vingt autres départements sous surveillance renforcée, dont le Pas-de-Calais, où il a été décidé qu’un confinement le week-end serait appliqué comme dans les métropoles de Nice (Alpes-Maritimes) et de Dunkerque (Nord), dès samedi, 6 heures, jusqu’à dimanche, 18 heures.

« L’incidence y est en effet en progression très rapide », à savoir de « 23 % au cours des sept derniers jours et dépasse dorénavant le seuil des 400 [cas] pour 100 000 [habitants], soit presque deux fois la moyenne nationale », a expliqué le premier ministre en pointant aussi la saturation des services de réanimation, « au plus haut de tous les départements français ».

Toute la France est par ailleurs soumise à un couvre-feu chaque soir à partir de 18 heures.

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  • Fermeture des centres commerciaux non alimentaires de plus de 10 000 m2 dans les « départements à risque »

M. Castex annonce que « les grands centres commerciaux non alimentaires de plus de 10 000 mètres carrés seront fermés » dans les « départements à risque », dès 5 000 mètres carrés dans le Pas-de-Calais. L’obligation du port du masque sera également étendue à toutes les zones urbaines de ces départements. Toutes ces dispositions entreront en vigueur ce vendredi à minuit.

Les préfets seront autorisés à interdire des manifestations dans l’espace public si elles conduisent à des rassemblements présentant un risque sanitaire. M. Castex appelle aussi les habitants de ces départements à ne pas sortir de ces territoires. « J’invite les habitants des 23 départements concernés à ne pas sortir, autant que possible, de leur département ou de leur région s’agissant des départements franciliens », a déclaré le premier ministre. « Evitons de diffuser [le virus] là où il n’est pas encore. »

Le premier ministre a recommandé également à la population de ne pas dépasser la jauge de six personnes lors des moments conviviaux comme cela avait été le cas lors des fêtes de fin d’année.

  • La vaccination en pharmacie possible à partir du 15 mars, 30 millions de vaccinés d’ici à l’été

Cela concerne les personnes de plus de 50 ans présentant des facteurs de comorbidités, a précisé M. Castex. Les patients concernés n’auront « pas besoin d’une prescription médicale » et pourront se rendre « directement en officine » pour y recevoir le vaccin d’AstraZeneca, a déclaré le premier ministre, ajoutant que les personnes de 50 à 74 ans qui n’ont « pas de pathologie particulière » pourront se faire vacciner « à compter de la mi-avril ».

D’ici à la mi-avril, 10 millions de personnes auront reçu une première dose, 20 millions d’ici à la mi-mai, 30 millions cet été, prévoit M. Castex, après avoir affirmé que les inquiétudes sur le vaccin d’AstraZeneca « n’[avaient] plus lieu d’être », comme l’affirmait déjà le professeur Alain Fischer lors de la dernière conférence de presse, la semaine dernière. « Je sais que vous ne réussissez pas tous à avoir de rendez-vous, (…) il faudra encore faire preuve de patience, mais ne vous inquiétez pas, vous serez vaccinés », affirme le premier ministre. Huit cent cinquante mille rendez-vous seront ouverts d’ici à la fin du mois.

M. Castex a appelé « solennellement » les personnels des Ehpad à se faire vacciner pour permettre le retour d’« une vie sociale apaisée » dans ces établissements. « Les soignants, médecins, infirmiers, aides-soignants, aides à domicile sont éligibles à la vaccination depuis début janvier. Or, seul un soignant sur trois est aujourd’hui vacciné, a par ailleurs déclaré le premier ministre. Ce n’est pas normal et cela compromet notre capacité à lutter effectivement et efficacement contre le virus. »

A son côté, M. Véran a précisé qu’environ 40 % des personnels des Ehpad et 30 % des soignants, en ville et à l’hôpital, avaient été vaccinés. « Clairement, ça ne suffit pas », a affirmé le ministre de la santé, annonçant qu’il enverrait vendredi « une lettre à l’ensemble des soignants [du] pays, qu’ils soient en ville, à l’hôpital, en établissement médico-social, pour les inciter très fortement à se faire vacciner ».

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135 000 nouvelles doses seront allouées aux 23 départements prioritaires dès jeudi, a annoncé Jean Castex, dont 12 000 et 11 000 pour les seules villes de Nice et Paris ce week-end, dans une opération flash, ont précisé les deux mairies. Sur ce total, le Pas-de-Calais va recevoir 10 000 doses supplémentaires, a précisé le premier ministre. A Nice, ce sont 4 000 doses Pfizer et 8 000 doses AstraZeneca qui vont être débloquées et devront être utilisées sous quarante-huit heures, avant dimanche soir, a indiqué le maire (LR), Christian Estrosi, lors d’une visioconférence.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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