Jean Castex annonce que les « conditions ne sont toujours pas réunies » pour engager la réforme des retraites – Le Monde

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Le premier ministre, Jean Castex, à l’issue du séminaire gouvernemental qui s’est tenu le 8 septembre, à Paris.

La réforme des retraites ? Ce n’est pas pour tout de suite. C’est le sens de l’annonce du premier ministre, Jean Castex, à la sortie d’un séminaire gouvernemental de rentrée, mercredi 8 septembre. S’il estime que cette réforme est « une nécessité absolue pour assurer la sauvegarde [du système de retraites] à long terme », il a affirmé qu’elle ne pourrait être lancée que « lorsque la pandémie sera sous contrôle et lorsque la reprise économique sera suffisamment solide ». « A ce jour, ces conditions ne sont toujours pas réunies », a-t-il ensuite asséné.

Cette annonce intervient alors qu’Emmanuel Macron avait l’intention, selon nos informations, d’enclencher une partie de la réforme dès cette année afin de supprimer les régimes spéciaux de retraite et d’instaurer le minimum de pension à 1 000 euros. Mais, alors que le nombre de contaminations au Covid-19 poursuit sa baisse depuis plusieurs jours et que l’Insee a rehaussé sa prévision de croissance à 6,25 % pour 2021, ce n’est visiblement pas suffisant pour le gouvernement avant de lancer une réforme qui avait provoqué plusieurs semaines de grèves et de perturbations en décembre 2019. Le texte avait ensuite été suspendu à cause de la crise sanitaire.

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La réforme de l’assurance-chômage, « absolument indispensable »

Si le gouvernement a décidé de temporiser sur la réforme des retraites, il compte toujours mettre en œuvre celle de l’assurance-chômage, et ce, malgré l’opposition des organisations syndicales de salariés. Suspendue également en raison de la crise du Covid-19, cette réforme est « absolument indispensable » et sera progressivement appliquée « entre le 1er octobre et le 1er décembre », a affirmé M. Castex, mercredi. Le premier ministre a présenté cette réforme comme étant l’une des réponses « aux difficultés de recrutement », en visant « à remettre de l’ordre dans un régime fondamentalement utile, mais dont les règles [ont] progressivement dérivé ».

« J’ai également, face aux craintes exprimées par les syndicats et que vous connaissez, indiqué que nous mettrions en place un dispositif de suivi et d’évaluation », a tenu à préciser le chef du gouvernement. Les nouvelles règles de calcul du montant de l’allocation-chômage devaient entrer en vigueur au 1er juillet, mais le Conseil d’Etat les a suspendues en juin, arguant des « incertitudes sur la situation économique ».

Le gouvernement compte soumettre un nouveau décret au Conseil d’Etat dans les prochaines semaines. Il met en avant l’amélioration de la situation économique dans l’exposé des motifs pour permettre l’entrée en vigueur au 1er octobre du nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR, base de l’allocation), très contesté par les organisations syndicales de salariés. La date du 1er décembre devrait correspondre à l’entrée en vigueur du durcissement des règles sur la dégressivité des allocations et sur la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger des droits.

Négociations sur des hausses de salaire

Se félicitant d’une reprise économique « qui est là et qui est forte », le premier ministre a souligné que « le taux de chômage n’[avait] jamais été aussi bas depuis 2009. Le pouvoir d’achat devrait aussi progresser de manière significative cette année ». Au cours de son point de presse, M. Castex a ensuite demandé aux partenaires sociaux l’ouverture de négociations, notamment sur les salaires et les conditions de travail, dans de nouvelles branches, dont l’hôtellerie-restauration et les industries agroalimentaires.

« Il s’agit de travailler sur les conditions de travail, sur la valorisation des métiers, sur le temps partiel, sur la promotion professionnelle, mais aussi sur les salaires, notamment sur ce qu’on appelle les minima de branche, a fortiori lorsque ceux-ci sont inférieurs au smic », a-t-il expliqué.

Le Monde

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