Jean Castex annonce des renforts policiers à Toulouse – Le Monde

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Le premier ministre, Jean Castex, le 2 septembre 2020.

Après des passages à Dijon et Nice, théâtres de troubles pendant l’été, le premier ministre Jean Castex s’est rendu à Toulouse, vendredi 9 octobre, où il a promis le renfort de 111 policiers nationaux d’ici à la fin de 2021, au surlendemain de la violente agression de deux agents en banlieue parisienne.

M. Castex, qui avait annoncé au début de septembre qu’il se prêterait à une « tournée » des grandes villes, en allant, selon Matignon « là où ça fait mal », étrenne ainsi le nouvel outil de l’exécutif, le « contrat de sécurité intégré », paraphé en grande pompe au Capitole avec un maire (LR), Jean-Luc Moudenc, très laudateur à propos de la méthode.

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Nouveaux moyens de l’Etat et des villes

D’un côté, l’Etat apporte donc de nouveaux moyens matériels et humains, pour la police et la justice. Et de l’autre, les municipalités mettent aussi la main à la poche, ce qui se traduit à Toulouse par le recrutement d’une centaine de policiers municipaux supplémentaires (d’ici à 2025) et autant de caméras de vidéosurveillance (d’ici à 2021).

Sur place, les nouveaux effectifs seront en particulier affectés « à la guerre contre la drogue et ses trafics », a indiqué le premier ministre, qui a fait de ce thème l’une de ses priorités, en instaurant notamment une amende forfaitaire pour les consommateurs. A ce titre, M. Castex a glissé que 6 000 contraventions avaient été dressées « pour ce seul mois de septembre ».

Trente de ces agents nationaux supplémentaires seront déployés dans le quartier sensible des Izards, où des règlements de comptes ont fait trois morts et plusieurs blessés cette année. Ce quartier sera désormais classé en zone de « reconquête républicaine », a précisé M. Castex, après s’y être rendu dans la matinée, en compagnie des ministres de l’intérieur, Gérald Darmanin, de la justice, Eric Dupond-Moretti, et de l’éducation, Jean-Michel Blanquer.

« Chacun dans tous les quartiers a le droit de mener une vie normale », a lancé M. Castex à une policière, en se félicitant des derniers coups de filet. « Nous sommes engagés dans un combat difficile, mais nous venons de marquer des points. Nous vous disons notre reconnaissance, mais nous sommes venus avec des choses concrètes, pas seulement des encouragements », a-t-il insisté.

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Outre le volet répressif, des aspects « préventifs » doivent aussi être développés dans ces contrats, qui auront donc vocation à essaimer dans les 24 métropoles françaises, si les édiles se prêtent au jeu.

Les syndicalistes policiers sont, eux, plus dubitatifs face à ces promesses de renforts, y voyant, pour l’un, un « jeu de bonneteau », pour un autre, une annonce « à l’emporte-pièce », comme lorsque Nice s’était vu attribuer une soixantaine d’agents supplémentaires. Or, « il en manque encore », assure ce dernier.

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Budget de la justice augmenté

L’accord porte aussi sur les moyens de la justice, dont le budget doit augmenter en 2021 de 8 %, le premier ministre saluant au passage son garde des sceaux, très contesté par les magistrats, mais dont « la voix puissante et singulière » a permis d’obtenir cette enveloppe.

Cette visite est également l’occasion pour M. Castex de promouvoir sa marque de fabrique, fondée sur l’action de proximité et la concertation avec les élus. Et donc d’investir le terrain sécuritaire, lui qui multiplie les avertissements face à la « banalisation de la violence ». « La violence inouïe démontre un sentiment d’impunité. Et c’est probablement ce sentiment d’impunité qu’il faut maintenant d’urgence combattre », a commenté Marine Le Pen.

Répondant aux demandes répétées de maires de droite, qui avaient notamment publié une tribune en juillet pour demander le renforcement des pouvoirs des polices municipales, le premier ministre a confirmé le soutien du gouvernement à une proposition de loi LRM sur ce thème, qui arrivera à l’Assemblée à la mi-novembre. Car l’enjeu est aussi politique pour l’exécutif, alors qu’Emmanuel Macron est régulièrement critiqué sur sa droite pour ses supposées carences dans le domaine régalien. « Macron a fait son choix : la sécurité et l’autorité seront des outils de reconquête du pouvoir en 2022 », assure un cadre de la majorité, circonspect quant à la stratégie.

Le Monde avec AFP

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