Le Venezuela s’apprête à connaître une journée de double mobilisation importante, à l’appel de Maduro à Caracas, et de l’opposant, le président par interim Juan Guaido, qui veut en faire une marche historique. Et l’ultimatum de quelques pays européens arrive à échéance demain. Quelle sera l’issue?
En ce jour du vingtième anniversaire de l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez, le Venezuela s’apprête à vivre un weekend de tension. Deux manifestations sont prévues aujourd’hui, l’une à l’appel de l’opposition, incarnée par le président du Parlement et président par interim depuis le 23 janvier Juan Guaido, qui veut en faire la plus grande marche du Venezuela et de l’histoire du continent. La seconde dans la capitale, Caracas, à l’initiative de Nicolas Maduro, le président réélu en 2018. 

Le tout sous l’œil de la communauté internationale qui se divise autour du pays. Plusieurs pays, dont la France, ont laissé huit jours à Nicolas Maduro samedi dernier pour annoncer de nouvelles élections, ultimatum qui arrive à échéance demain. Faute de quoi ces pays de l’UE reconnaîtront Juan Guaido comme président par intérim.

Janette Habel, chercheure à l’Institut des Hautes études de l’AL

La seule solution c’est de retourner devant le peuple vénézuélien dans le cadre d’élections. Pour cela , il faut un dialogue entre les deux parties et cela implique aucune ingérence des grandes puissances.

Les seuls pays qui proposent une solution de transition sont le Mexique et l’Uruguay. Leur médiation est indispensable. La question vénézuélienne est une question géopolitique majeure, c’est le pays qui a les réserves de pétrole les plus importantes au monde.

L’armée a répété sa loyauté  à la souveraineté nationale avec un rejet très fort de toute ingérence nord-américaine et la défense de leurs propres privilèges.  Une division au sein de l’armée est envisageable.

Le choix musical de Janette Habel : Gracias a la vida de Mercedes Sosa ici avec Joan Baez. 

Pour aller plus loin, 

Le Débat, édition Gallimard

Venezuela : 20 ans après la révolution, la désillusion d’anciens chavistes, Courrier International