Ivry-sur-Seine : une marche «jaune» en mémoire de Marjorie, poignardée à mort par un adolescent – Le Figaro

Spread the love
  • Yum

La mairie a tenu à rendre hommage à la jeune fille de 17 ans, tuée d’un coup de couteau vendredi 14 mai par un adolescent de 14 ans.

Pas de marche blanche ce samedi 22 mai pour Marjorie, 17 ans, tuée d’un violent coup de couteau dans le thorax vendredi 14 mai à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, lors d’une bagarre entre adolescents. C’est «une marche jaune» qui se tient, «car c’était sa couleur préférée», a précisé la mairie. Plusieurs centaines de personne se sont ainsi retrouvées ce samedi, masquées et vêtues de jaune, sur l’esplanade de la Mairie d’Ivry-sur-Seine. Certaines arborant une photo de Marjorie sur un t-shirt, d’autres tenant à la main une rose jaune.

Mylène, 35 ans, est arrivée toute vêtue de cette couleur avec ses deux enfants, Matthieu, 9 ans, et Damien, 12 ans. Elle a répondu à l’appel lancé dimanche dernier par la mère de Marjorie. «Elle nous a dit qu’il fallait que nous nous rendions compte que nos enfants sont les parents de demain. C’est pour cela que je suis venue avec mes fils, pour la soutenir mais aussi pour montrer qu’il faut que cette violence s’arrête. Deux vies ont été détruites la semaine dernière, deux familles. Nous avons parlé au dîner de ce qui s’est passé avec mon plus jeune fils, il m’a dit ‘c’est pas normal Maman, il faut y aller’». Damien, masqué de jaune, acquiesce : «je suis triste, ce n’est pas normal».

Banderole portée par la famille de la victime, avec marqué dessus «Marjorie, tu seras toujours dans nos cœurs», le cortège a pris vers 15h30 la direction la cité Pierre et Marie Curie, où le drame a eu lieu. Une prise de parole officielle de sa famille est attendue à cet endroit, a indiqué le maire d’Ivry.

Mila et Dona, âgées de 15 et 12 ans, marchent en tête du cortège, brandissant des pancartes sur lesquelles elles assurent qu’«un ange est parti trop tôt». «On connaissait Marjorie, elle était dans notre antenne de maison de quartier. C’est pour elle que nous sommes là», affirme Mila. «Marjorie était une enfant d’Ivry, son agresseur aussi. La mort violente de l’adolescente – véritable traumatisme dans sa cité – suscite l’émoi de tout-te-s les Ivryen-ne-s, au premier rang desquels sa famille, ses ami-e-s et les habitant-es du quartier», a indiqué dans un communiqué le maire de la commune Philippe Bouyssou, précisant que ce rassemblement serait aussi l’occasion de marcher «contre la violence».

À voir aussi – Val-de-Marne: une adolescente de 17 ans tuée à coups de couteau

Angelina, Inès et Shinez étaient parmi les premières à arriver sur le lieu du drame. «On devait se voir, je suis descendue et je l’ai vue par terre. On était en train de la ranimer. Sur le coup, j’ai pas réalisé. Aujourd’hui encore, je ne réalise pas qu’elle est plus là. Cette marche aide à faire notre deuil», complète Angelina, 18 ans, qui connaissait Marjorie depuis sa naissance. «Tout le monde est venu apporter son soutien à la famille après sa mort. Ils sont restés très dignes, surtout la Maman, elle est très forte. Le plus détruit, c’est son frère jumeau», souffle Inès, les larmes aux yeux.

Nous sommes ici avant tout pour la famille. Ils sont très croyants, c’est grâce à la religion qu’ils tiennent

Maeva, 15 ans

Sous une pluie battante, le cortège atteint finalement la cité Pierre Marie Curie. C’est au pied de l’un de ces immeubles que Marjorie, 17 ans, a été tuée d’un coup de couteau. «Ca fait quelque chose d’être là. Nous sommes ici avant tout pour la famille. Ils sont très croyants, c’est grâce à la religion qu’ils tiennent», glisse Maeva, 15 ans, en pleurs.

«Le temps est au recueillement et à la tristesse, mais il est aussi à l’incompréhension» face au crime perpétré par un enfant de 14 ans, a déclaré le maire de la ville dans un discours. «Les jeunes n’ont pas inventé la violence, le harcèlement ; le monde des adultes leur a trop souvent montré le mauvais exemple», a-t-il poursuivi, avant d’inviter à «construire ensemble des réponses durables» à cette violence, «pour que plus jamais un enfant d’Ivry ou d’ailleurs ne meure sous les coups d’un autre enfant».

Marjorie et son agresseur s’étaient donné rendez-vous au pied de l’un des immeubles à la suite «d’échanges véhéments» sur un groupe Snapchat au sujet de la petite sœur de la victime. C’est là que le garçon l’a tuée d’un coup de couteau de cuisine. Après avoir pris la fuite, l’agresseur a été interpellé le jour même du meurtre au domicile de sa mère à Massy, dans l’Essonne. Il a été placé dimanche 16 mai en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, a indiqué à l’AFP le parquet de Créteil.

Leave a Reply

%d bloggers like this: