Irruption de partisans de Donald Trump au sein du Capitole : « C’est un énorme échec des forces de police américaines » – Le Monde

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La police du Capitol lors de la confrontation avec les manifestants pro-Trump essayant de forcer l’entrée du bâtiment, à Washington, le 6 janvier.

Après l’irruption de manifestants pro-Trump au sein du Capitole à Washington, mercredi 6 janvier, la gestion de la sécurité par les forces de l’ordre américaine est sous le feu des critiques. Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) et auteur d’une thèse sur les polices américaines et françaises, décrypte pour Le Monde les dessous de cet « énorme échec ».

Peut-on parler de défaillance des forces de police américaines dans les événements survenus au Capitole ?

C’est un énorme échec de leur part. Ce n’était pas imaginable qu’une foule pénètre ainsi dans ce bâtiment symbole du pouvoir législatif. Imaginez la même chose à l’Assemblée nationale : ça paraît impossible. Il y a les grilles qui protègent l’accès aux marches, il y aurait eu des unités de force mobile positionnées tout autour, toutes les rues fermées aux alentours, on aurait déployé des blindés… Ce qui s’est passé est une atteinte démentielle à la séparation des pouvoirs, le leader de l’exécutif qui incite à demi-mot à prendre d’assaut le haut lieu du pouvoir législatif.

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Comment le Capitole est-il protégé ?

La police du Capitole est une force assez particulière, qui est placée directement sous l’égide du Congrès américain. Elle ne dépend pas du pouvoir exécutif et donc de la Maison Blanche. Sa mission est de protéger le bâtiment et d’assurer la sécurité des membres du Congrès. Elle ne compte « que » 1 800 personnes, qui ne peuvent pas être mobilisées toutes en même temps, pour protéger un bâtiment qui n’est pas conçu comme un bunker : c’est un édifice du XIXe siècle, qui comporte des failles de sécurité, avec beaucoup de fenêtres notamment. Il y a eu un projet, il y a quelques années, pour construire une sorte de clôture autour, qui aurait constitué une première ligne de défense. Cela avait été abandonné parce que dans la symbolique américaine, il s’agit du palais du peuple, le symbole du pouvoir par le peuple, pour le peuple.

Est-ce la responsabilité de la police du Capitole ?

Non, ils n’ont pas les moyens humains de retenir une foule de plusieurs milliers d’individus déchaînés. Quand les manifestants sont sur les marches, vous ne pouvez plus rien faire. Soit vous vous opposez avec votre corps, mais il faut avoir le nombre, soit vous dégainez votre arme, et ça devient un bain de sang. Ce sont les lignes de défense précédentes qui ont fauté, ou plutôt qui n’ont pas existé…

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