Iran-Etats-Unis : à Bruxelles, OTAN et Union européenne prônent à leur tour la « retenue » – Le Monde

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Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le 6 janvier, à Bruxelles.

La « retenue » et la « désescalade » : tant au siège de l’OTAN qu’à celui du Service européen pour l’action extérieure de l’Union européenne, les mantras étaient les mêmes, lundi 6 janvier, après la montée des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran à la suite de l’opération qui a tué, le 3 janvier, le général iranien Ghassem Soleimani, à Bagdad. Comme la plupart des dirigeants occidentaux le faisaient depuis quelques jours, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, a appelé l’Iran, qui menace de se livrer à des représailles, à éviter « plus de violence et de provocations ». Le dirigeant norvégien avait décidé de réunir en urgence les 29 ambassadeurs auprès de son organisation, en présence de représentants de la diplomatie américaine.

Ces derniers ont expliqué « la posture et les déterminants » de l’administration Trump et estimé que la dissuasion à l’égard de Téhéran était désormais rétablie, résume un participant. Washington ambitionnait aussi de rassurer ses 28 alliés : la « désescalade » est aussi, désormais, une demande américaine, et la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) doit rester une priorité. Ce qui importe est donc de convaincre rapidement les autorités de Bagdad de la nécessaire poursuite des activités de la coalition internationale contre Daesh, rapporte un porte-parole.

Interrogé sur son appréciation quant à l’action menée par les Etats-Unis contre le stratège militaire iranien, M. Stoltenberg a soigneusement évité de répondre, en précisant toutefois que l’élimination du général résultait d’une « décision des Etats-Unis, pas de la coalition ou de l’OTAN ».

Dans l’immédiat, la mission de formation et d’entraînement de l’armée que l’OTAN mène en Irak est, en tout cas, suspendue pour protéger les personnels concernés. Elle sera reprise « dès que la situation sur le terrain le permettra », a assuré le secrétaire général. La mission civile de l’Union européenne, déployée depuis la fin de 2017 et reconduite jusqu’en avril prochain, est, elle, maintenue, à ce stade du moins.

« Personne n’a pleuré Soleimani »

La réunion de lundi à l’OTAN, relativement paisible selon une source européenne, a en tout cas débouché sur quelques signes d’une unanimité retrouvée : les pays membres ont exprimé leur inquiétude quant aux activités déstabilisatrices de l’Iran, au développement de son arsenal de missiles et à ses récentes menaces de réduire un peu plus ses engagements à l’égard de l’accord de 2015 sur le nucléaire, censé garantir la nature purement civile de ses activités. Par ailleurs – mais cela était confié beaucoup plus discrètement –, « personne, c’est clair, n’a pleuré Soleimani », résume une autre source.

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