InVivo veut installer un réflexe e-commerce chez les agriculteurs

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InVivo veut installer un réflexe e-commerce chez les agriculteurs

Le monde agricole n’a pas attendu le confinement pour se digitaliser, même si la pandémie a entraîné de nouvelles habitudes de consommation, auxquelles les agriculteurs ne font pas exception.

La section digitale d’InVivo, qui fait l’union entre les coopératives agricoles, a déployé depuis février dernier la plateforme aladin.farm, une alternative tricolore au e-commerce proposée aux agriculteurs. Cette plateforme d’achat de biens et de services agricoles est née de l’initiative des coopératives en contact avec les exploitants sur le terrain.

 

Depuis juillet 2018, neuf d’entre elles ont piloté le projet en coordination avec OCTO Technology, qui assure conseil technologique et suivi méthodologique. Si l’agilité est de mise, la petite équipe constituée au lancement a bénéficié d’une approche « pas à pas » pour définir des objectifs réalisables et accueillir de la résilience et de la flexibilité dès ses fondations.

« Le digital est une opportunité pour préserver notre marché et notre maillage territorial qui fait la force de notre agriculture française. Nous ne pouvons pas nous renfermer sur nous-même et laisser la place à des plateformes américaines ou chinoises pour accompagner nos agriculteurs. InVivo a été choisi par les coopératives pour porter le projet aladin, pour agir vite et collectivement et montrer que notre monde coopératif est prêt à se transformer et a des atouts considérables pour le faire », soutient Thierry Blandinires, directeur général d’InVivo.

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L’effet Covid accélère la stratégie multicanale

La plateforme trouve ses origines dans une volonté des coopératives agricoles de changer leur modèle économique et d’innover dans la façon d’interagir avec leurs agriculteurs. aladin.farm se veut ainsi une véritable plateforme « collaborative », défend Stéphane Marcel, CDO d’InVivo à la tête d’une équipe de 80 personnes au sein du pôle Digital Factory.

« aladin.farm est le vecteur de nouvelles pratiques en phase avec la transformation du monde agricole et ses enjeux : garantir la qualité sanitaire de l’alimentaire, le respect de l’environnement et la juste valorisation du métier de l’agriculteur », observe Stéphane Marcel.

La Platform as a service (PaaS) répond aux enjeux du multicanal, explique ce dernier à ZDNet. Pour que cela soit impactant, il estime qu’il faudra parvenir à « 50 % des transactions via le canal digital ». Pour l’heure, 16 000 agriculteurs ont créé un compte sur le site. Ce nombre est encore faible, si l’on considère que 52 000 agriculteurs sont couverts par la plateforme, qui accueille une quinzaine de coopératives pour l’heure. L’objectif à terme serait de couvrir environ 100 000 agriculteurs et de parvenir à rassembler 21 coopératives l’an prochain, précise le CDO.

Les chiffres de fréquentation n’ont pas encore atteint le niveau espéré, mais le directeur se montre confiant sur les perspectives et qualifie la plateforme de « crédible ». Et précise qu’« en termes de profondeur de gamme, (elle) commence à être en phase avec la concurrence ». Car la fréquentation du site traduit en réalité la saisonnalité du monde agricole. « Ce qui marche actuellement sont les produits de protection des cultures, les engrais et les semences », décrit Stéphane Marcel. Dans les faits, le directeur estime que pendant la campagne d’automne, un panier moyen se situe entre « 4 et 5 000 euros ».

Résilience et élasticité

Le responsable de la transformation numérique d’InVivo insiste sur la nécessité de garantir, dès le départ, des méthodes pour un passage à l’échelle. Pour parvenir à ses fins, l’équipe du projet a opté pour une architecture ouverte et « 100 % cloudifiée ». Prônant une technologie à l’état de l’art, la plateforme est hébergée par Microsoft. Un choix raisonné, soutient Stéphane Marcel, qui constate que le marché est drivé par cinq principaux acteurs, « quatre Américains et un Chinois ».

Pour le CDO, Microsoft n’est pas incompatible avec la souveraineté qu’aladin.farm incarne : « c’est est une société avec laquelle on a déjà un historique. C’est une plateforme respectueuse du business de ses clients », justifie-t-il, assurant avoir « bien sûr étudié le Patriot Act » dans la mesure où les données sont hébergées sur des serveurs basés en Europe.

Cette solution française de e-commerce vient combler les attentes des agriculteurs qui, rassurés par l’implication des coopératives dans le projet, s’attendent à « un système plus simple et des moyens de paiement plus sécurisés » qu’ailleurs, note Stéphane Marcel. Si la plateforme se veut « user friendly », elle offre également des informations complémentaires aux agriculteurs sur les produits commercialisés. Ces services annexes sont, pour Stéphane Marcel, aussi liés aux évolutions réglementaires du secteur, puisqu’à partir de janvier 2021, la vente et les conseils sur les produits phytosanitaires devront notamment être séparés, afin de prévenir les risques de conflit d’intérêts, explique-t-il.

Approche “agriculteur centric”

Pour les opérateurs de la plateforme, il est aussi essentiel de recueillir des informations sur le comportement des acheteurs qui y transitent. Pour ce faire, un datahub a notamment été mis en place pour récupérer les informations générées et les restituer ensuite aux principaux intéressés. En parallèle, une “commission data” a également été mise en place pour s’assurer que les cas d’usages sont éthiques et conformes au RGPD.

L’évolution vers un réflexe plus digital ne se fait pas sans effort. « Dans l’agriculture, on est des terriens », rappelle Stéphane Marcel. Investir dans l’immatériel n’est pas une évidence en soi. Mais « bien expliquer » est essentiel, souligne le CDO. C’est au prix de cet effort de vulgarisation et d’apprentissage de tout un secteur que des investissements concrets peuvent être consentis. Le plan d’investissement pour mener à bien le projet est évalué à 50 millions d’euros, précise le responsable de la transformation numérique.

Pas de demi-mesure, « il faut avoir du volume », défend Stéphane Marcel, qui observe que « de plus en plus de coopératives ont une approche “agriculteur centric” ». Le site n’a pas vocation à remplacer le rôle des techniciens de coopérative, très sollicités par les agriculteurs au quotidien. Mais un tel site de e-commerce peut permettre de faire gagner un temps précieux. Parmi les prochains développements, un système de click & collect sera ajouté. « Nous finalisons justement l’API stock pour être capable d’obtenir une visibilité en temps réel. C’est un développement clé », indique Stéphane Marcel.

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