L’IGPN a ouvert une enquête après une intervention de police à Saint-Ouen ce vendredi. (captures écran vidéo)

Un homme a été interpellé par des policiers de la Compagnie d’intervention et de sécurisation de Seine-Saint-Denis (CSI 93) ce vendredi en fin de journée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Ce dernier a décidé de déposer une seconde plainte, cette fois pour « torture » et « actes de barbarie ».

Une vidéo montrant son interpellation vendredi soir dans la cité Cordon à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) a été diffusée sur les réseaux sociaux, notamment sur Snapchat.

Sur ces images, on aperçoit un policier en civil qui tente de maîtriser un suspect qui se rebelle, parvenant ensuite à le faire chuter par terre pour l’interpeller. Plusieurs policiers de la CSI 93 arrivent au même moment. Après s’être relevé, le policier en civil porte un coup de pied à l’interpellé au sol.

Des « coups de taser sur ses organes génitaux »

L’homme avait été arrêté puis placé en garde à vue dans le cadre d’une opération de police visant un trafic de stupéfiants. Après avoir été remis en liberté, ce dernier a déposé plainte pour « violences volontaires aggravées ». Saisie par le parquet de Bobigny, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête.

Le plaignant a déposé une seconde plainte apprend-on ce mercredi, cette fois pour « torture » et « actes de barbarie ». Dans sa déposition consultée par France 3, l’homme explique qu’il a été « étranglé » et qu’il a « reçu de nouveau des coups de pieds à la tête », dans le véhicule où les policiers l’ont conduit au commissariat. Il explique également avoir reçu « plusieurs coups de pistolet à impulsions électriques (taser) sur ses organes génitaux ».

3 jours d’ITT

« Je me suis vraiment vu mourir. Dix secondes de plus et je mourais dans leur camion », a déclaré le plaignant lors de son audition, qui ajoute que les policiers appuyaient sur sa tête « avec leurs chaussures ». L’homme s’est vu attribuer 3 jours d’ITT (Incapacité totale de travail) lors d’un premier examen.

De leur côté, les policiers ont reconnu avoir utilisé leur pistolet à impulsions électriques (taser) selon ce même média, sans préciser sur quelle partie du corps. La préfecture de police avait également évoqué dans un communiqué sur cette affaire, l’utilisation de cette arme intermédiaire, sans donner plus de précisions.

Deux autres plaintes à l’encontre de policiers de la CSI 93

Une seconde plainte a été déposée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) par deux jeunes de la cité Cordon à Saint-Ouen, qui affirment avoir été frappés par des policiers de la CSI 93, peu après l’interpellation filmée de cet homme.

Une enquête a été ouverte concernant une troisième affaire datant du 30 mai dernier révèle Le Parisien. Les faits présumés se sont déroulés dans cette même cité de Saint-Ouen. L’un des jeunes plaignants a expliqué au quotidien qu’il y a eu un contrôle d’identité de la part des policiers de la CSI 93, et que le jeune « n’a pas voulu se laisser contrôler ». « On a vu un policier jeter de la drogue à ses pieds, mais il a été filmé », précise-t-il en disant avoir témoigné et déposé plainte à l’IGPN.

Le témoin affirme ensuite s’être fait volé le téléphone portable avec lequel il avait filmé la scène mais que d’autres images ont été fournies à l’IGPN. Le parquet de Bobigny a confirmé qu’une enquête était actuellement menée par la police des polices concernant cette affaire et que la procédure initiale ouverte pour trafic de stupéfiants avait été classée.