Intempéries dans les Alpes-Maritimes : un couple emporté avec sa maison n’a pas voulu partir – Le Figaro

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48 heures après le passage de la tempête Alex, le maire de Roquebillière, une petite commune de 1800 habitants dans les Alpes-Maritimes, est revenu dimanche matin sur la disparition vendredi d’un couple de nonagénaires, emporté avec leur maison dans un torrent de boue.

Paul et son épouse, respectivement 98 et 93 ans, se seront accrochés jusqu’au bout à leur petite maison jaune au toit rouge. Malheureusement la Vésubie en crue a fini par emporter l’habitation et avec elle, ses occupants. Ce dimanche c’est toute la commune de Roquebillière qui est touchée par ces disparitions.

«Ils avaient accepté de s’éloigner et de se rendre chez un ami qui les accueillait»

Gérard Manfredi, le maire de la commune, s’est exprimé sur RTL. «C’est un véritable cauchemar» a-t-il dit, assurant avoir tout tenté pour convaincre le couple de partir. Il les avait eus au téléphone quelques minutes avant que la maison soit emportée. « Ils ont dit qu’ils préféraient mourir sur place plutôt que de recommencer la même histoire que la fois dernière». En 1993, une tempête avait déjà détruit la bicoque du couple, les obligeant à repartir de zéro. «On a insisté, on a parlementé, on a argumenté» a expliqué le maire. Et d’ajouter qu’«à la fin ils m’ont téléphoné pour me dire qu’ils avaient accepté de s’éloigner et de se rendre chez un ami qui les accueillait. En réalité ce n’était pas vrai, ils sont quand même restés dans la maison». Quelques minutes après ce dernier appel, la maison disparaissait sous les flots, emportant le couple.

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Malgré le retour du soleil samedi, les habitants Roquebillière restaient abasourdis de le tempête de la veille ayant provoqué une crue massive, en quelques heures, de la Vésubie. Le cours d’eau, devenu torrent de boue, a défiguré le village médiéval entouré de montagnes, arrachant un pont métallique et emportant avec lui plusieurs maisons, une écurie, une usine EDF, et même un monument aux morts. Une portion de route en bord de rivière est totalement détruite.

«Des crues, on en a connu, mais là c’est carrément une vague qui est arrivée», a dit Patrick Theus, un habitant du village. «Très vite ça a commencé à lâcher de partout, les poteaux électriques, tout…».

«Catastrophe du siècle»

Pour Marcel Eusebi, 82 ans, la crue de vendredi c’est «la catastrophe du siècle». L’octogénaire a passé la soirée à la fenêtre de sa maison située en hauteur dans le village: «Je me suis dit ce n’est pas possible, rien que le bruit on aurait dit pendant la guerre de 14 avec les bombes!». Il remarque toutefois que l’église, «vieille de mille ans», et construite sur un rocher, a tenu bon, «comme en 1926 lors du grand éboulement qui avait emporté la moitié du village». «Ce sont les prémices de tout ce qui va arriver dans les 20-30 années à venir», prédit le vieil homme.

Outre le couple de personnes âgées, deux pompiers ont été emportés dans leur véhicule sur la route de Lantosque, alors qu’ils menaient des opérations de sauvetage. «La route s’est carrément affaissée sous le véhicule qui a disparu dans les flots» rapporte Gérard Manfredi. L’un des deux pompiers était «un jeune papa» a précisé le maire.

Résignés, un masque sur le visage, des personnes âgées ont évacué leur maison endommagée samedi, emportant le strict nécessaire : quelques vêtements, des médicaments, des papiers..

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