L’annonce se voulait imminente, et c’est donc sans grande surprise qu’Intel a officialisé sa 9e génération de processeurs Core. Pour débuter, trois références allant du milieu au haut de gamme prendront place sur les étals.

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Un wafer contenant plusieurs dies de processeurs Intel Core de 9e génération.

La sortie des processeurs Core de 9e génération intervient dans une période un peu trouble pour Intel. La firme est ainsi confrontée à deux problématiques. La première est son actuelle incapacité à satisfaire la demande de processeurs Core de 8e génération, ses usines fonctionnant pourtant à plein régime. Conséquence directe, le prix des processeurs concernés a vite fait de partir à la hausse, ce qui n’arrange en rien la compétitivité des puces d’Intel face à celles d’AMD, comparables en matière de performances mais désormais bien moins onéreuses.
 
L’autre problématique est à chercher du côté de la finesse de gravure des puces. Nous le rappelons une énième fois, mais le procédé 10 nm qui devait initialement être prêt en 2015 n’est toujours pas pleinement opérationnel. Il faudra vraisemblablement attendre la fin de l’année 2019 pour voir arriver la première génération de processeurs Core à être gravés de la sorte. En attendant, Intel comble les trous avec ce qu’il a et n’a, pour ainsi dire, pas changé d’un iota son architecture CPU depuis la sortie des Core de 6e génération.

Intel Core 9e génération : toujours du 14 nm mais jusqu’à 8 cœurs

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Voici le détail des trois premiers processeurs Intel Core de 9e génération.

Pour faire passer la pilule, Intel continue de profiter de l’optimisation de son procédé de gravure en 14 nm, désormais estampillé 14 nm++ pour augmenter légèrement la fréquence de fonctionnement de ses puces tout en ajoutant plus de cœurs. Avec la 9e génération de processeurs Core — nom de code Coffee Lake-S Refresh —, la firme ajuste simplement le nombre de cœurs de ses puces grand public, qui peuvent désormais en accueillir jusqu’à 8 sur les Core i7 et Core i9. L’utilisation de la terminologie Core i9 est d’ailleurs une nouveauté sur le segment, puisque jusqu’ici réservée aux puces du segment très haut de gamme (HEDT, High-End DeskTop).
 

Intel a donc redistribué les cartes dans la manière de gérer les appellations et les caractéristiques techniques. Les Core i9 ont ainsi droit à 8 cœurs ainsi qu’à l’Hyper-Threading. C’est donc un total de 16 cœurs qui sera vu par le système, comme c’est le cas pour les Ryzen 7 d’AMD. En dessous, les Core i7 conservent le même nombre de cœurs mais perdent l’Hyper-Threading ; le nombre de cœurs vu par le système reste donc à 8. Enfin, les Core i5 sont également dénués d’Hyper-Threading et accueillent 6 cœurs. Le tout reste compatible avec les cartes mères Z370 déjà sorties pour les Core de 8e génération.
 
Les fréquences sont assez disparates en fonction des références et oscillent entre 4,3 et 5 GHz selon les cas de figure. Dans tous les cas, l’enveloppe thermique (TDP) est de 95 watts, ce qui n’évolue donc pas par rapport à la précédente génération. À noter que le joint entre le die et la plaque de protection est désormais en iridium, ce qui garantira une meilleure dissipation thermique. Abandonné par Intel ces derniers temps, ce type de joint permettrait selon la firme de maintenir des fréquences élevées plus longtemps.

Du côté de la tarification, c’est le Core i7-9700K qui ira se confronter directement au Ryzen 7 2700X d’AMD, que l’on trouve aux alentours de 330 $ actuellement. Le Core i9-9900K, à 488 $, sera plutôt face au Ryzen Threadripper 1920X, vendu globalement au même tarif. Lancé l’année dernière, ce processeur propose 12 cœurs pour 24 threads, la compétition s’annonce rude.

Un bel écrin pour mettre en lumière les nouveaux processeurs

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Anand Srivatsa, vice-président d’Intel, tenant le nouveau Core i9-9900K dans son bel écrin.

Conformément à ce qu’une fiche d’Amazon laissait entrevoir la semaine dernière, Intel a bel et bien opté pour un nouveau type de packaging. La société suit donc les traces d’AMD, dont les emballages de puces Threadripper mettent en lumière la puce qui y est logée. L’écrin des Core de 9e génération est ainsi une boîte translucide formée de différentes facettes de forme pentagonale. Cela ne changera rien aux performances des processeurs, mais cela attire assurément l’œil.

Le jeu vidéo en ligne de mire

D’une manière générale, Intel profite de ce lancement pour rappeler qu’il souhaite continuer à s’investir dans le jeu vidéo. Cela passe notamment par la création d’événements spécifiques à l’eSports, comme cela a été le cas il y a quelques mois en Corée du Sud, mais aussi dans le sponsoring d’équipes de jeu.

La firme a également tenu à rappeler que ses CPU restent devant la concurrence dès lors qu’il s’agit de parler de performances dans les jeux. L’accent a également été mis sur la volonté d’une part toujours plus importante de joueurs de jouer à leurs titres en “streamant” leurs parties directement. C’est pour ce genre de détails que le nombre croissant de cœurs est une opportunité pour les joueurs de réaliser leur passion sans ralentissement, sans investissement dans plusieurs machines. Bref, des éléments marketing que l’on retrouve également chez AMD depuis la sortie des Ryzen de première génération.