Au vu des terribles images, Emmanuel Macron a annulé son allocution post-grand débat pour se rendre au chevet de la cathédrale, et les politiques de tous bords ont fait part de leur émotion dans un esprit de communion.

Par Sarah Belouezzane, Abel Mestre, Sylvia Zappi et Olivier Faye Publié aujourd’hui à 02h36, mis à jour à 02h39

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Le chef de l’Etat Emmanuel Macron et sa femme Brigitte quittent Notre-Dame de Paris, le 15 avril.

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron et sa femme Brigitte quittent Notre-Dame de Paris, le 15 avril. Philippe Wojazer / AP
La cathédrale brûle et soudain la République se fige. Sur le parvis de Notre-Dame de Paris se trouvent le point zéro des routes de France et le point d’arrêt de la politique. Emmanuel Macron devait prononcer, lundi 15 avril, à 20 heures, l’allocution télévisée post-grand débat censée relancer son quinquennat et lui permettre de renouer le lien avec les Français.

Dès 18 h 50, quand les premières flammes sont apparues sur le toit de l’édifice quasi millénaire, le fétu de l’actualité s’est trouvé balayé. Allocution reportée sine die. « Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Emotion de toute une nation, a tweeté le président de la République. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous. »

Au lendemain de son élection, en 2017, le jeune chef de l’Etat de 39 ans avait entendu cette alerte de la part du président du Sénat, Gérard Larcher : « Cela va vous faire drôle, à votre âge, mais vous êtes le père de la nation. » Quand l’histoire frappe à la porte, il n’y a qu’à lui ouvrir.

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« Cette histoire, c’est la nôtre, et elle brûle »

Les flammes roulent sur la nef de Notre-Dame et les regards du monde entier se tournent vers Paris. Vers 20 h 30, Emmanuel Macron se rend une première fois sur le parvis, silencieux, en compagnie notamment du premier ministre, Edouard Philippe. Les deux hommes reviennent au même endroit, trois heures plus tard, une fois que l’incendie est en passe d’être maîtrisé. Ils s’inscrivent dans le sillage de Monseigneur Michel Aupetit, l’archevêque de Paris.

Devant les caméras, le chef de l’Etat déroule le fil de ses « pensées ». Pour les sapeurs-pompiers de Paris, d’abord, qui ont droit aux « remerciements de la nation ». Pour « les catholiques de France et partout à travers le monde », ensuite : « Je sais ce qu’ils ressentent et nous sommes avec eux », assure-t-il. Pour « les Parisiennes et les Parisiens », car « c’est leur cathédrale et plus encore ». Pour « l’ensemble de nos compatriotes », enfin. « Notre-Dame c’est notre histoire, notre littérature, notre imaginaire, le lieu où nous avons vécu tous nos grands moments, nos épidémies, nos guerres, nos libérations, déclare M. Macron. Cette histoire, c’est la nôtre, et elle brûle. »