En octobre 2015, le collectif d'”hacktiviste” Anonymous annonce avoir accompli ce qui sera plus tard connu comme l’un de ses plus grand “fait d’arme”. Le groupe connu pour sa scénographie élaborée et son sens de la communication accroche en effet un nouveau trophée à son tableau de chasse déjà bien garni.

 

Sa dernière cible en date ? Rien de moins que le Ku Klux Klan, dont l’identité “IRL” de milliers de membres installés outre-Atlantique est révélée sur les réseaux sociaux. Les noms des membres de ce collectif suprémaciste ont été obtenus après qu’Anonymous ait obtenu l’accès à un compte Twitter du Ku Klux Klan, selon un tweet de l’Opération KKK rapporté par le “Guardian”, nom de baptême de la mission menée à bien par les hackers.

Si l’opération fait la une des journaux, elle ne fait toutefois pas figure de grande première pour le KKK, qui a déjà fait l’objet d’actes de sabotage sur la toile au cours des dernières décennies. Notamment le 4 septembre 1999, lorsque le site internet du Klan fait l’objet d’un piratage massif et qu’un groupe de hacker parvient à pénétrer la base des noms de domaine de l’internet, Networks Solutions, pour modifier les paramètres IP du domaine du KKK afin de renvoyer automatiquement les requêtes vers le site internet d’une association antiraciste baptisée HateWatch.

Le site du KKK piraté pendant une semaine

Interrogé par Wired, le responsable du site suprémaciste Stormfront, qui héberge les images du KKK, confirme ce piratage en indiquant que “le domaine a été volé”. “J’ai cru comprendre que quelqu’un avait peut-être piraté l’adresse électronique d’un des contacts figurant dans la base de données des noms de domaine”, explique-t-il alors.

Si tous les soupçons se tournent naturellement vers le responsable de l’association HateWatch, un dénommé David Goldman, ce dernier nie en bloc. “Ce type d’action, le hacktivisme, n’est pas seulement contraire au Premier Amendement, mais il nous enlève aussi l’un des plus grands outils de défense des droits civiques que nous ayons – pour reprendre les mots des bigots contre eux”, déclare-t-il, indiquant au passage que la redirection semble justement avoir été mise en place après la publication d’un interview accordé au journal “Village Voice” dans lequel celui-ci critiquait justement le piratage informatique à visée politique.

Ce dernier ira même jusqu’à porter plainte contre non seulement l’hébergeur du site du KKK mais également contre la société VDirect, nom laissé par les pirates après leur forfait à l’encontre du groupe suprémaciste. Si la redirection s’arrêtera d’elle-même au bout du semaine, elle confirme une fois de plus la nature de cible facile des portails du KKK, une proie de choix pour les hacktivistes d’hier comme d’aujourd’hui.