“Il ne reste plus 50.000 options”: ce que prépare Macron pour affronter la troisième vague – BFMTV

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Face à l’inquiétante montée du nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation, le chef de l’État envisage de s’exprimer, cette semaine ou la suivante.

Les Français connaissent désormais la ritournelle. Alors que le nombre de nouvelles contaminations au Covid-19 et de personnes admises en réanimation augmente dangereusement, que le pays se trouve confronté à une troisième vague épidémique, l’exécutif entame une nouvelle “semaine décisive”.

Après le serrage de vis déjà survenu le 18 mars, improprement qualifié de confinement, Emmanuel Macron pourrait bien être amené à prendre d’autres mesures. Les hypothèses sont, comme toujours, très nombreuses. Le pragmatisme semble toutefois être la valeur cardinale que le sommet de l’État s’est assignée, quelles que soient les nouvelles mesures de restriction à prendre. Idem du côté des membres du gouvernement. “Pas de tabou”, insiste-t-on dans l’entourage du président.

Une prise de parole cette semaine ou la suivante

D’après nos informations, le chef de l’État envisage de s’exprimer, dès cette semaine ou la suivante.

Emmanuel Macron est convaincu que le pays est engagé avant tout dans une course de vitesse, dans laquelle se jouent à la fois la lutte contre les variants du Covid-19 et l’accélération de la campagne vaccinale.

“Plus tu avances sur le vaccin, plus les personnes sont protégées, plus les mesures sont efficaces, plus l’épidémie est sous contrôle”, égrène une source proche du chef de l’État auprès de BFMTV.

Le dernier pilier de la stratégie mise en œuvre consiste à prendre des mesures très efficaces sanitairement, tout en étant acceptables socialement et protectrices d’un point de vue économique, voire psychologique.

Basée sur les données épidémiologiques, la stratégie demeure territorialisée. La propagation du virus s’accentue partout, mais pas dans les mêmes proportions selon les territoires. Si l’épidémie continue de s’aggraver dans les départements d’Île-de-France et des Hauts-de-France, elle commence à baisser dans les Alpes-Maritimes, dont les habitants observent un confinement le week-end depuis plus d’un mois.

Renforcer les mesures existantes

De quels leviers dispose l’exécutif? Au-delà de la question des écoles, qui se trouve au cœur des réflexions, il y a la possibilité de renforcer – une fois de plus – les mesures de contrôle. Il reste également une “marge” en matière de télétravail.

“Mais c’est vrai que pour avoir gros impact vite, il ne reste plus 50.000 options”, reconnaît un macroniste de poids.

Si ce n’est pour annoncer une mesure forte – comme un confinement strict -, difficile de voir quelle utilité pourrait receler une intervention présidentielle. L’idée serait avant tout de donner un horizon à court et à moyen termes, de donner des gages d’efficacité et, enfin, d’esquisser l’horizon plus lointain que nous permet d’envisager la stratégie vaccinale. À savoir, le retour à la vie normale.

Devenues plus espacées, les prises de parole dites “solennelles” d’Emmanuel Macron ont été réservées essentiellement à des annonces de confinement, de déconfinement ou de mise en place d’un couvre-feu. Lorsqu’il s’agit de simples “compléments” de mesures existantes, ce sont “le Premier ministre ou Véran qui parlent”, rappelle une source au sein de l’exécutif. “Si ce sont des mesures qui changent de doctrine, c’est le président”, ajoute-t-elle.

Éviter le tri entre les patients

Tout est donc toujours possible, même si le gouvernement en a conscience: la lassitude des Français est telle qu’aucune décision ne saurait satisfaire tout le monde. Qui plus est, l’exécutif constate les différentes fractures qui s’aggravent entre les différentes catégories: entre jeunes et personnes âgées, entre commerçants et les autres professions, etc.

“On a fait beaucoup de comparaisons entre Angela Merkel qui s’excuse d’avoir trop fermé et un Macron qui ne regrette pas de ne pas avoir imposé de nouveau confinement. C’est terrible de se dire que ne pas avoir imposé un confinement, par précaution, est une mauvaise chose”, déplore un macroniste.

Dès lors, la stratégie consistera à “tout faire pour éviter le tri des patients”. Pour l’heure, les chiffres montrent que les hôpitaux français n’en sont pas à ce stade. “C’est là où l’approche territoriale compte”, défend-on, tout en affirmant que les transferts de patients ne sont pas encore assez nombreux et que la mobilisation de la réserve sanitaire n’a pas encore eu lieu partout. “Mais il ne faut pas attendre le dernier moment pour agir”, prévient cette même source. Et d’ajouter:

“J’ai beaucoup lu de choses sur le supposé bras de fer entre Macron et les médecins. Ça ne tient pas, car quand tu écoutes les médecins, en fonction de leur profession et de leur position géographique, vous entendez des trucs différents.” On se rassure comme on peut.

Par Agathe Lambret

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