La scène se déroule le 12 janvier, en plein acte IX des gilets jaunes. Au PC Sécurité de Toulouse, des policiers commentent les images de la manifestation, qui tourne à l’affrontement entre forces de l’ordre, casseurs et manifestants sur la place du Capitole, dans la ville rose : “Mais p***** mais il faut tirer quoi”, s’agace une voix féminine.

“Quand je te dis qu’il faut aligner deux trois bastos”, répond une voix masculine.

Les propos de la vidéo, publiée jeudi sur Twitter par Vigi, un syndicat de police ultra-minoritaire, et authentifiée par France 3, passent mal alors que le Conseil d’État vient de rendre sa décision sur l’utilisation du lanceur de balles de défense, très décriée par les manifestants.

Vigi accuse le gouvernement

“Le but n’est pas d’incriminer nos collègues. Juste montrer que la politique du gouvernement amène des tensions, des mots qui dépassent nos pensées, des gestes qui n’auraient pas été commis habituellement, etc.”, écrit le syndicat sur son compte Twitter. “Oui les paroles de nos collègues dépassent leur pensée. Oui les gilets jaunes n’auraient pas eu ces gestes habituellement. Le résultat de la gestion du gouvernement de la situation.”

Une enquête administrative ouverte

Une enquête administrative a été ouverte par la Direction départementale pour violation du secret professionnel et recel, a indiqué la préfecture de Haute-Garonne, évoquant “une captation illégale d’images et de sons “, “faite au sein du Centre de Commandement et d’Information de Toulouse le 12/01/2019”.

Elle ne concerne donc pas les propos tenus par les policiers dans la vidéo, mais vise à déterminer comment la vidéo est sortie des locaux de la police. “Cette scène d’une rare violence a provoqué l’émoi des personnes visionnant en direct ces images, se traduisant par des commentaires spontanés”, écrit la préfecture à propos de la vidéo.