Trois semaines après les élections européennes, les eurosceptiques s’unissent autour d’un nouveau projet baptisé « Identité et Démocratie ». Un groupe de 73 eurodéputés dans le sillage de la Ligue du ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini. parmi les membres de ce nouveau groupe : le Rassemblement National.

« Identité et Démocratie » remplace Europe des Nations et des Libertés (ENL

Exit « Europe des nations et des libertés », place désormais au groupe  » Identité et démocratie ». Mercredi, alors qu’Edouard Philippe tenait son discours à l’Assemblée Nationale, Marine Le Pen était, de son coté, à Bruxelles afin de peaufiner les contours de son nouveau groupe au parlement européen.

3 semaines après les élections européennes, la présidente du Rassemblement National a bouclé le projet pour lequel elle a sillonné une bonne partie de l’union européenne durant la campagne. Souhaitant fédérer l’ensemble des partis eurosceptiques autour d’un même groupe, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle a, en partie, tenu son pari. En effet, les 22 eurodéputés RN nouvellement élus ont validé leur rapprochement avec huit autres partis européens. Un nouvel élan symbolisé par le changement de nom.

73 eurodéputés

Le groupe «Europe des nations et des libertés», devient «Identité et démocratie» et comptera 73 eurodéputés (contre 36 lors de la précédente législature). Dans le détail,  28 Italiens de la Ligue de Matteo Salvini, les 22 Français du rassemblement National , 11 Allemands de l’AfD, 3 Autrichiens du FPÖ, 3 Belges issus du Vlaams Belang, 2 Tchèques du SPD, 2 Finlandais, un Danois du Parti populaire danois et enfin un Estonien. Il pourrait également être renforcé par trois nouveaux parlementaires en cas de Brexit. 73 députés donc , soit le double des effectifs que comptait le groupe ENL lors de la précédente législature avec 36 membres.

Le Rassemblement National se félicite

Un résultat dont se félicite le Rassemblement national. Cependant, ce nouveau groupe est loin d’avoir fait le plein. En effet, ni les Britanniques du parti du Brexit de Nigel Farage, ni les conservateurs polonais, ni les Hongrois du parti du Premier ministre Viktor Orban, pourtant courtisés tout au long de la campagne, n’ont rejoint les rangs du groupe « Identité et démocratie ». Malgré cela, certains cadres du RN se veulent confiants et assurent que d’autres éléments rejoindront le train en cours de route.

Autre changement pour le Rassemblement National, il n’est plus le parti majoritaire au sein du groupe. Le leadership est désormais assuré par les Italiens de la Ligue de Matteo Salvini, à la tête de la plus importante délégation et qui a des postes à responsabilité dans son pays. D’ailleurs, le groupe sera présidé par un proche du ministre de l’intérieur italien, Marco Zanni. De son côté, Nicolas Bay héritera d’une vice-présidence partagée avec l’Allemand Jörg Meuthen, porte-parole de l’AFD.

Un échec sur le papier qui pourrait néanmoins être bénéfique au groupe « Identité et Démocratie ». Si le groupe ne constitue que la 5ème force au parlement européen, son poids sera néanmoins plus important sous l’égide de la Ligue de Matteo Salvini, parti de gouvernement. Un aspect non négligeable en vue des futures discussions au sein de l’hémicycle. D’ailleurs, ce changement de présidence pourrait également constituer un argument de poids afin de convaincre quelques récalcitrants de rejoindre le nouveau groupe eurosceptique.   

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.