IA : vers une meilleure régulation aux Etats-Unis

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IA : vers une meilleure régulation aux Etats-Unis

Les principes édictés par la Maison Blanche visent à empêcher les organismes fédéraux « d’entraver inutilement l’innovation et la croissance de l’intelligence artificielle ».

Dans un projet de mémorandum publié mardi, le gouvernement a présenté sa vision sur la manière dont la réglementation de l’IA devrait être développée, proposant que les agences fédérales fassent preuve de « souplesse » et ne défendent pas « une réglementation poussée à l’extrême » lorsqu’elles évaluent l’innovation et la croissance de l’IA et ses effets sur la société.

« Lorsque l’IA comporte des risques, les organismes doivent examiner les avantages et les coûts potentiels de l’utilisation de l’IA, comparativement aux systèmes que l’IA est censée compléter ou remplacer », évoque le gouvernement.

L’exécutif américain propose 10 principes, allant de l’instauration d’une confiance publique dans l’IA à la garantie que les citoyens peuvent prendre part au processus d’élaboration des règles relatives à cette innovation.

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Evaluation et gestion des risques

Parmi ces principes figure celui de l’évaluation et la gestion des risques, selon lequel les organismes fédéraux ne devraient pas être obligés d’atténuer tous les risques prévisibles. Le gouvernement américain a attribué cette conviction au « principe fondamental selon lequel toute politique de régulation implique des compromis ».

« Il faudrait plutôt employer une approche fondée sur la prise en compte du risque pour déterminer lesquels sont acceptables et lesquels entraîneraient un préjudice inacceptable, ou dont les coûts engendrés seraient supérieurs aux avantages escomptés », estime le gouvernement.

Toujours dans l’optique de « limiter les excès de la réglementation », le gouvernement américain fait également pression pour que des approches souples soient adoptées dans le cadre de ses principes pour l’élaboration d’une réglementation autour de l’IA. Il envisage une réglementation en matière d’IA qui puisse être adaptée aux changements rapides, car « des réglementations rigides seront dans la plupart des cas peu pratiques et inefficaces ».

Sur le plan de la protection de la vie privée, le gouvernement a également mis en avant deux principes – la divulgation et la transparence d’un côté, et la sécurité de l’autre – qui nécessitent que les organismes fédéraux se penchent sur des critères de divulgation et de transparence appropriés, de même que des contrôles appropriés pour protéger la confidentialité, ainsi que l’intégrité et la disponibilité des informations traitées par le biais de cette technologie.

La Maison Blanche entend convaincre ses alliés d’adopter une stratégie similaire

En parallèle, le gouvernement américain a exhorté les autres pays à éviter les approches trop sévères en matière de réglementation de l’IA, voulant ainsi garder la mainmise sur l’élaboration de politiques en la matière.

« Les gouvernements d’autres pays cooptent les entreprises et déploient leur technologie en matière d’IA au service de l’Etat de surveillance, où ils surveillent et emprisonnent les dissidents, les militants et les minorités, comme c’est le cas du traitement réservé par Pékin aux Ouïghours musulmans. La meilleure façon de contrer cette approche dystopique est de s’assurer que les Etats-Unis et ses alliés restent les principaux centres mondiaux de l’innovation en matière d’IA », a indiqué le responsable du Bureau de la politique technologique, Michael Kratsios, dans un édito publié mercredi.

« L’Europe et nos autres partenaires internationaux devraient adopter des principes réglementaires similaires qui englobent et façonnent l’innovation, et le faire d’une manière cohérente avec les principes qui nous sont chers à tous », ajoute-t-il.

L’UE examine un ensemble de directives éthiques à adopter

Le groupe d’experts de la Commission européenne sur l’intelligence artificielle a publié un ensemble de directives éthiques l’année dernière. Ces lignes directrices sont actuellement examinées par les dirigeants de l’Union européenne.

Alors que les Etats-Unis ont appelé d’autres nations à adopter ses principes en matière d’IA, les Etats-Unis ont jusqu’à présent rejeté les offres de participation à diverses initiatives mondiales en matière d’IA, telles que le Partenariat mondial sur l’IA, bien qu’il soit soutenu par tous les autres pays du G7.

Les Etats-Unis ont également émis des interdictions visant à tenir ce type de technologies majeures à l’écart des puissances rivales comme la Chine, ayant décidé la semaine dernière de rendre plus difficile pour les entreprises américaines d’exporter certains types de logiciels d’IA en les obligeant à demander une licence pour envoyer la technologie à l’étranger, sauf lorsqu’elle est expédiée au Canada.

L’annonce de ces 10 principes fait suite à la signature par le président Donald Trump, en février dernier, d’un décret visant à accélérer le développement et la réglementation de l’IA aux Etats-Unis.

Ce décret a inauguré l’American AI Initiative, qui prévoit que des ressources nationales soient consacrées à s’assurer que la technologie d’IA est conçue sur le territoire américain.

« La politique du gouvernement des Etats-Unis consiste à maintenir et renforcer la position de leader scientifique, technologique et économique en matière d’IA », écrivait alors Donald Trump.

La Maison Blanche a rendu public ses 10 principes sur l’intelligence artificielle pour une période de consultation de 90 jours, qui sera suivie d’une période de 180 jours pendant laquelle les agences fédérales pourront élaborer des plans pour leur mise en œuvre.

« En travaillant ensemble, nous allons façonner les politiques qui guident l’élaboration et le déploiement de l’IA afin que toutes les personnes et les collectivités puissent profiter des avantages et des possibilités qu’elle offre », a conclu Michael Kratsios.

Source : ZDNet.com

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