Hydroxychloroquine : The Lancet émet des réserves sur son étude controversée – Le Parisien

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Pour les auteurs de l’étude qui a poussé de nombreux pays à arrêter l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la maladie à coronavirus Covid-19, c’est un nouveau coup dur. La très réputée revue The Lancet a émis mardi des réserves dans une « expression of concern » (« expression de préoccupation » en français) sur l’article scientifique qu’elle a publié le 22 mai.

Analysant quelque 96 000 dossiers médicaux électroniques de patients hospitalisés pour Covid-19, l’étude concluait que l’hydroxychloroquine, dérivée de l’antipaludéen chloroquine, n’était pas efficace contre la maladie et qu’elle augmentait même le risque de décès et d’arythmie cardiaque.

Jeudi dernier, une centaine de médecins et scientifiques avaient fait paraître une lettre ouverte dans The Guardian, pointant notamment des incohérences entre les données de la société Surgisphere, utilisées dans le cadre de l’étude, et le nombre de patients pris en charge dans leurs services hospitaliers. « D’importantes questions scientifiques ont été soulevées à propos des données rapportées dans l’article piloté par Mandeep Mehra», reconnaissent mardi les éditeurs de The Lancet.

Raoult épinglé par l’Agence du médicament

« Bien qu’un audit indépendant de la provenance et de la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere et soit en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression de préoccupation pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été posées à notre attention », poursuit The Lancet. « Nous mettrons à jour cet avis dès que nous aurons de plus amples informations. » Vendredi, la revue avait déjà publié une correction concernant des données asiatiques attribuées à l’Australie.

Après la publication de l’étude de The Lancet, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) avait émis un avis défavorable et le gouvernement avait abrogé les dispositions dérogatoires autorisant la prescription de l’hydroxychloroquine. L’Agence du médicament avait annoncé de son côté son souhait de suspendre les essais cliniques évaluant l’hydroxychloroquine chez les patients atteints de Covid-19, tout comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La mise en garde de The Lancet intervient dans un contexte de forte controverse scientifique. L’étude a été qualifiée de « foireuse » par le professeur Didier Raoult, ardent défenseur des traitements à base d’hydroxychloroquine dont certains travaux eux-mêmes ont été remis en cause au sein de la communauté scientifique. Selon Le Canard enchaîné mercredi, l’Agence du médicament a saisi l’Ordre des médecins après avoir constaté que « les modalités d’information des patients et de traçabilité de la motivation de la prescription » dans le cadre de l’un des essais thérapeutiques du professeur Raoult ne seraient « pas conformes aux exigences légales ».

D’autres études, notamment américaines, ont émis des doutes sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine sur des patients gravement malades du coronavirus.

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