Hospitalisations, morts, réanimation : le second confinement intervient « plus tard » que le premier – Le Monde

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Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron ne s’imaginait probablement pas devoir décider d’un second confinement national dont il redoutait les effets destructeurs. Pourtant, certains chiffres laissent à penser que la décision aurait pu être prise plus tôt.

Comme en mars, l’exécutif a été pris de court par la rapidité avec laquelle les indicateurs se sont dégradés en octobre. Or, cette seconde vague épidémique, plus lente, est une réalité que soignants et épidémiologistes ont anticipée depuis déjà plusieurs mois, et qui s’est installée sans que la mise sous cloche progressive de la vie sociale des Français ne contienne le rythme des contaminations.

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Il est difficile de comparer la situation actuelle avec celle qui a précédé le premier confinement, car on ne disposait pas d’autant d’indicateurs qu’aujourd’hui : le nombre d’hospitalisations et de places en réanimation liées au Covid-19 n’a été rendu public qu’à partir du 17 mars. Mais les données de l’activité hospitalière consacrée à la pandémie à partir de cette date, mises en regard avec les données de ces derniers jours, montrent que ce second confinement intervient plus tard que le premier.

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C’est relativement visible lorsqu’on regarde le nombre de personnes déclarées positives au Covid-19 admises dans les hôpitaux publics : alors que l’on atteignait presque 3 000 hospitalisés le jour du premier confinement, le 17 mars, on a dépassé les 20 000 patients deux jours avant le début du second. Et ce chiffre va probablement arriver autour de 22 000 vendredi 30 octobre, s’il augmente au même rythme que ces sept derniers jours.

Amélioration de la qualité de prise en charge

Il est possible que le décompte des hospitalisations au mois de mars, effectué dans l’urgence, soit sous-évalué en raison des connaissances limitées sur une maladie qui peut prendre plusieurs formes et du fait de l’impossibilité de confirmer tous les cas positifs. Mais la différence avec le mois d’octobre est tout de même nette.

Même constat quant au nombre de patients soignés dans les services de réanimation. Au 28 octobre (J – 2), ce nombre a dépassé les 3 000 personnes, alors qu’il était de moins de 800 patients au lendemain (J + 1) du premier confinement. Le rythme de cette seconde vague reste cependant moins soutenu que celui du printemps, mais les entrées en réanimation pourraient continuer à s’accélérer, selon les projections de l’Institut Pasteur.

Le nombre de morts constatées quotidiennement dans les hôpitaux publics, qui est considéré comme relativement fiable car il ne varie pas avec les efforts de dépistage et reflète plus fidèlement la dynamique de l’épidémie, est lui aussi plus élevé avant le début de ce second confinement que dans les jours qui ont suivi le premier.

La nette amélioration de la qualité de prise en charge des patients a cependant permis de faire chuter de façon significative le taux de mortalité dans les services de réanimation, et in fine de limiter le rythme des décès. Sans quoi, la mortalité observée ces derniers jours serait probablement nettement plus importante.

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