L’auteur présumé de la fusillade de Christchurch, qui a coûté la vie à 49 personnes dans deux mosquées de la ville de Nouvelle-Zélande, a diffusé les images du massacre sur Facebook pendant 17 minutes. L’assaillant est un Australien radicalisé d’extrême droite, qui se définit comme «un Blanc, européen de cœur et de sang». Peu avant l’attaque, il a posté un manifeste de 73 pages intitulé «Le Grand remplacement». Le texte s’ouvre par «It’s the birthrates» («C’est le taux de natalité») et déroule un propos raciste, nativiste et survivaliste contre un prétendu «génocide des Blancs».

Une tuerie perpétrée au nom d’un «grand remplacement», c’est-à-dire d’une substitution organisée de la population européenne par une population d’Afrique et du Maghreb, est-ce inédit ?

C’est la première fois qu’une revendication est aussi explicite. L’attentat de Christchurch évoque la tuerie d’Utoya perpétrée par le Norvégien Anders Behring Breivik en 2011 ou les crimes de suprémacistes aux Etats-Unis. On sait désormais que cette soi-disant matrice du grand remplacement peut conduire des esprits fragiles à des actes funestes, tout comme une lecture erronée de l’islam. Car ce qui est réellement inédit et inquiétant, c’est l’effet miroir. Le tueur de Christchurch opère d’une manière qui rappelle celle des djihadistes du Bataclan : il tire à l’aveugle sur une population civile, au prétexte d’éliminer des croisés qu’il nomme «envahisseurs». Dans son manifeste, il répète qu’il veut «venger» les Européens au nom d’une prétendue révolution contre un «génocide par substitution des Blancs». On est dans un terrorisme qui se pose en contre-terrorisme, et ce contre-phénomène mime un phénomène initial. C’est structurel dans la violence. Quelque chose de grave semble enclenché : «œil pour œil, dent pour dent». Le terroriste habille ses velléités extrémistes de pseudo-théories.

« En 1985, le Figaro Magazine publiait une

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