Haut-Karabakh : l’UE s’inquiète des ingérences turques – Le Monde

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Après un impact de roquette de l’armée azerbaïdjanaise sur le village de Martuni dans le Haut-Karabakh le 1er octobre 2020.

Le dossier s’est soudain imposé au menu des discussions entre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, jeudi 1er et mardi 2 octobre, à Bruxelles : les violents affrontements, au Haut-Karabakh, entre les forces séparatistes appuyées par l’Arménie et celles de l’Azerbaïdjan, soutenues par la Turquie, risquent de devenir un autre sujet de friction avec Ankara. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, venait de faire monter la tension en déclarant qu’un cessez-le-feu n’était envisageable que si les forces qui bénéficient du soutien d’Erevan se retiraient de la région disputée. Les autorités arméniennes accusent, elles, la Turquie d’être impliquée militairement dans le conflit. Elles se sont toutefois dit prêtes, vendredi, à discuter avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour rétablir un cessez-le-feu au Haut-Karabakh.

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Face à une situation qu’ils décrivent comme « grave », les dirigeants européens appellent au cessez-le-feu au Haut-Karabakh et dénoncent toute « ingérence extérieure ». Le président Emmanuel Macron évoque « ceux qui parfois poussent telle ou telle partie à aller au-delà du raisonnable ». Dans ce nouveau sujet de contentieux, ils évitent toutefois de désigner trop clairement Ankara. « Bien sûr, le soupçon est lourd mais, avec la Méditerranée orientale, la Libye, la Syrie, la migration et la situation des libertés dans le pays, je crois que les sujets difficiles sont suffisamment nombreux… », soupire un diplomate bruxellois.

Avant cela, les dirigeants européens avaient prévu d’évoquer longuement leurs relations avec Ankara, mais dans le cadre de ce que le jargon diplomatique bruxellois décrit comme une « discussion de principe », destinée à définir une approche commune, sans opter à ce stade pour des sanctions en bonne et due forme. Ils devaient parler politique de voisinage, Méditerranée orientale et aussi Biélorussie, puisque les chemins tortueux de la prise de décision européenne avaient conduit à ce que ces deux dossiers soient liés.

« Au bord de l’absurde »

Chypre, pays membre, bloquait depuis des semaines un projet de sanctions contre des responsables biélorusses. Le président Nicos Anastasiades résistait aux pressions afin d’obtenir, en échange de la levée de son veto, une condamnation très ferme, voire des sanctions, contre les agissements de la Turquie, qui procède à l’exploration de réserves d’hydrocarbures dans les eaux territoriales de son pays.

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