Haut-Karabakh : entrée en vigueur du cessez-le-feu convenu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan – Le Monde

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Un habitant de Stepanakert sort de chez lui lors du cessez-le-feu, samedi.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’accusaient mutuellement samedi de violations du cessez-le-feu censé être entré en vigueur à midi heure locale (8 heures à Paris), négocié avec Moscou après près de deux semaines de combats intenses dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh.

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Après une matinée de combats, le calme n’a régné que brièvement à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, avant que les deux camps s’accusent à nouveau d’attaques. « L’Arménie viole de manière flagrante le cessez-le-feu, tente d’attaquer dans les directions de Fizuli-Jebrail et Agdam-Terter », dans le Haut-Karabakh, a déclaré le ministère de la défense azerbaïdjanais. Son homologue arménien a dénoncé ce « mensonge » et assuré que « les forces azerbaïdjanaises ont lancé une attaque à 12 h 05 », soit après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Dans la ville de Stepanakert quasi déserte, les sirènes d’alerte, qui ont résonné une grande partie de la matinée, se sont arrêtées au moment de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, avant de reprendre. Les habitants, terrés depuis des jours pour s’abriter des bombardements, sont timidement sortis sur le pas de leur porte pour regarder le ciel et tendre l’oreille.

Ce cessez-le-feu humanitaire, négocié pendant la nuit à Moscou, devait permettre d’échanger des prisonniers de guerre et les corps de victimes, selon la diplomatie russe. La France, qui assure la coprésidence du groupe de médiateurs dit « de Minsk », avait appelé samedi à son « strict » respect.

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« Des négociations substantielles » pour régler le conflit

L’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont également engagés « à des négociations substantielles pour parvenir rapidement à un règlement pacifique » du conflit, avec la médiation des trois coprésidents (France, Russie, Etats-Unis) du groupe de Minsk de l’OSCE, a précisé Moscou. Ces dernières devront « reprendre sans préconditions », a insisté la porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

Le cessez-le-feu est « un premier pas important, mais ne remplacera pas une solution permanente », a déclaré samedi le ministère des affaires étrangères de la Turquie, premier soutien de l’Azerbaïdjan. A l’étranger, la crainte est de voir ce conflit s’internationaliser dans une région où Russes, Turcs, Iraniens et Occidentaux ont des intérêts. D’autant qu’Ankara encourage Bakou à l’offensive et que Moscou est lié par un traité militaire à Erevan.

Résurgence d’un conflit ancien

Les affrontements meurtriers qui opposent depuis le 27 septembre des séparatistes arméniens de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh, soutenus par Erevan, et les forces azerbaïdjanaises, ont fait plus de 450 morts confirmés, dont 23 civils arméniens et 31 azerbaïdjanais. Mais le bilan réel pourrait être beaucoup plus lourd.

Une première guerre, entre 1988 et 1994, y avait fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés. Le front est depuis resté figé, malgré des heurts récurrents.

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Le Monde avec AFP

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