Le gel du tarif réglementé d’électricité durant l’hiver, décidé par le gouvernement, devra être rattrapé plus tard. Reprenant son évaluation publiée fin janvier, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a confirmé, dans une délibération publiée mardi 12 février, qu’étant donné la hausse des prix du courant sur le marché de gros, le tarif réglementé d’électricité appliqué par EDF à environ 26 millions de foyers devrait augmenter de 5,9% “aussitôt que possible”.

Dans un communiqué, le ministère de la Transition écologique a dit prendre acte de cette délibération, tout en assurant que le gouvernement n’a pas l’intention de suivre cette recommandation, en tout cas pas avant la fin de cet hiver.

« Le gouvernement, comme la loi l’y autorise, n’appliquera pas ces hausses tarifaires tant que la période de chauffe hivernale ne sera pas terminée, afin de protéger les foyers français, notamment les plus modestes. »

En réponse au mouvement des “Gilets jaunes”, le gouvernement avait en effet décidé de geler cette hausse pour qu’elle ne pèse pas sur le pouvoir d’achat des ménages.

La CLCV attaquera toute hausse des prix devant le Conseil d’État

Fin janvier, le ministère de la Transition écologique avait indiqué qu’il utiliserait le délai légal de trois mois dont il dispose, soit jusqu’au 1er juin, pour se prononcer sur la proposition du gendarme du secteur. Mardi, la CRE a précisé qu’elle intégrerait dans ses prochaines propositions tarifaires “une composante additionnelle visant à rattraper le retard en masse occasionné par ce décalage temporel”.

Le tarif réglementé d’électricité est fixé selon une formule de calcul complexe qui prend notamment en compte l’évolution du prix du marché de gros qui a augmenté ces derniers mois. Cette formule doit notamment assurer que les tarifs sont suffisamment élevés pour couvrir les coûts d’EDF et permettre ainsi l’émergence d’offres concurrentes.

« La hausse des tarifs est principalement le résultat d’une hausse des prix de marché de gros de l’électricité et de l’augmentation du prix des capacités électriques, qui reflète la situation de tension sur la sécurité d’approvisionnement dans toute l’Europe. La France reste l’un des pays où la hausse est la plus contenue et où l’électricité demeure la moins chère », assure le ministère de la Transition écologique.

Mardi, l’association de consommateurs CLCV a critiqué dans un communiqué cette méthode de calcul, estimant qu’elle aboutissait à une hausse “injuste” du tarif réglementé.