Grève du 17 décembre : à Paris, une manifestation mais deux cortèges – Le Parisien

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Les militants avaient beau crier « tous ensemble – tous ensemble ! », la manifestation parisienne contre la réforme des retraites a tourné à la scène de ménage ce mardi entre les syndicats réformistes (CFDT, Unsa et CFTC, Fage) et syndicats hostiles au projet porté par le gouvernement (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Sud, Solidaires).

C’était même caricatural place de la République, lieu de départ du cortège. En réalité deux cortèges, défilant à bonne distance : un espace de 700 m, imposé par la préfecture. Certes, pour la première fois depuis 2010, l’ensemble des syndicats défilaient le même jour au même endroit contre un même projet, mais l’heure n’était donc pas à la photo de famille.

VIDÉO. Le cortège de la CFDT ne veut pas de «l’âge pivot»

Si Philippe Martinez (CGT), Yves Veyrier (FO) et autres représentants de la FSU de la CFE-CGC défilaient main dans la main en tête de cortège, il fallait attendre presque une heure pour voir passer les banderoles CFDT, Unsa et CFTC, dont les militants, souvent à casquettes orange, étaient regroupés dans un coin de la place de la République.

Un vrai panel de la société française

Les frères ennemis n’ont pourtant pas jeté d’huile sur le feu. Au contraire : « Ce mouvement est de plus en plus populaire, a commenté Philippe Martinez avant que le cortège ne s’ébranle. La confiance vis-à-vis des syndicats est en hausse. Avec Laurent Berger, a-t-il ajouté, nous n’entretenons pas les divisions orchestrées par le gouvernement. »

N’empêche, le patron de la CFDT a surpris ses troupes en s’éclipsant moins d’une heure après le départ de la manifestation. « Il a beaucoup de choses à faire », tentait d’expliquer Philippe Lengrand, secrétaire général CFDT de la région Ile-de-France, tandis que d’autres invoquaient des « raisons de sécurité ».

« C’est une bonne grosse belle manif ! » se félicitait en fin de défilé Pierre, quinquagénaire venu des Yvelines en famille. Un vrai panel de la société française en tout cas, car dans les rangs des manifestants se succédaient, lycéens et étudiants, cheminots et avocats, personnels hospitaliers et de la RATP, d’EDF, ou encore des égoutiers de Paris, des profs, des retraités, des artistes portants brassards…

Des écolos aussi, regroupés derrière une banderole jaune et verte où l’on pouvait lire « Etat d’urgence climatique et sociale ». Des mécontents parfois venus de loin, comme cet agent travaillant de nuit à l’hôpital psychiatrique de Cherbourg (Manche) et qui estime que sa future pension pourrait baisser de « 300 euros alors que je touche 1300 euros de salaire hors prime ! ».

Un défilé plutôt bon enfant

Les pancartes agitées ne manquaient pas d’humour, à l’image de ce défilé plutôt bon enfant. « Métro, boulot, caveau », « Pas de retraite à poings », clamaient certaines, ou encore « Retraite à 64 ans, yes we canne ! », paraphrasant le slogan de campagne de Barack Obama. Mais la détermination était bien là, dans les slogans appelant à la « grève générale », à « bloquer le pays ».

Sur le tracé, à la demande la préfecture, toutes les boutiques avaient baissé rideau. Entre le service d’ordre musclé des syndicats, et la présence très visible de la police qui canalisait le cortège et filtrait entrées et sorties, les black blocs n’ont pas eu l’occasion de se déchaîner.

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