Grève à la RATP : du mieux, vraiment ? Pourquoi le casse-tête perdure dans le métro – Le Parisien

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« Amélioration ». Depuis mi-décembre, la direction de la RATP répète chaque jour ce terme, à l’heure de livrer ses prévisions à la presse. Grève oblige, le trafic reste « très perturbé », mais les « améliorations » – « légère » ou « significative », c’est selon – se poursuivent. Promis.

Chiche, nous avons décortiqué jour par jour, depuis le début du mouvement le 5 décembre, l’évolution du réseau de métro. Conclusion : à ce rythme-là, on est encore loin, très loin d’un retour à la normale.

Le « mythe » des lignes ouvertes

Le « piège », pour les Franciliens, consisterait à se fier au nombre de lignes ouvertes. De ce point de vue-là, cela va bien mieux. De cinq lignes au départ, on est passé à dix le 19 décembre puis à 15 ce vendredi 3 janvier avec le retour de la très fréquentée ligne 13. Ce lundi, on les annonce même toutes accessibles (hors graphique).

Cette impression visuelle prête pourtant à confusion. Hormis la 1 et la 14, totalement opérationnelles car automatiques, les autres lignes marchent au ralenti et de manière très partielle. Au mieux, les wagons ne roulent qu’aux heures de pointe (6h30-9h30/16h30-19h30 en semaine, 13-18h le week-end) et à une fréquence réduite (entre un sur deux et un sur cinq).

La RATP estimait ce vendredi que 40 % des rames circulaient vendredi par rapport à une heure de pointe normale. Mais si l’on compare à une journée complète, ce taux chute à 30 %, selon les calculs du collectif d’usagers « Plus de trains » … alors qu’il s’élevait à 20% le 5 décembre.

Des portions encore à l’arrêt

Bref, l’embellie s’avère très légère. D’autant plus que même si la ligne roule, c’est rarement intégralement. Vendredi matin par exemple, impossible de prendre la 3 entre Havre-Caumartin (IXe arrondissement) et Gallieni (93) ou encore la 5 entre Stalingrad (19e) et Place d’Italie (13e). L’ensemble de la ligne 2 était de son côté fermée l’après-midi.

Le constat était encore plus frappant sur la 13. Cette fois, peu importe l’heure de la journée, les usagers ne pouvaient pas monter monter entre la gare Saint-Lazare et le terminus à Châtillon-Montrouge (16 stations), pas plus qu’ils ne pouvaient faire le trajet séparant La Fourche et Saint-Denis Université (8 stations). En bref, la 13 ne parcourait plus qu’un tiers de son itinéraire habituel. Ce genre de « bizarreries » va se poursuivre ce lundi : la 5 fonctionnera ainsi sur deux portions différentes le matin et l’après-midi. Pas terrible pour les allers-retours des travailleurs.

Pour rajouter à la pagaille, un certain nombre de grandes stations (République, gare Montparnasse, gare de l’Est, gare du Nord, Pigalle, Opéra…) n’ont pas rouvert. Or ces arrêts sont stratégiques pour un certain nombre de voyageurs obligés de prendre des correspondances. Interrogée sur ce point, la RATP assure faire son même son maximum pour « privilégier les lignes structurantes, qui permettent de relier les grandes stations d’échange ».

Des couacs de communication

Qu’ils soient en phase ou non avec les revendications des agents de la RATP, certains usagers critiquent enfin la gestion de « crise ». Le plan de transports annoncé la veille au soir sur le site officiel ( ici ) subit régulièrement des modifications surprises. Quid notamment des ouvertures de stations ou de lignes communiquées sur les réseaux sociaux à 6h30 pétantes pour le matin même?

Avant sa réouverture officielle le 19 décembre, la ligne 2 a par exemple fonctionné les jours précédents sur certaines portions. Mais seuls les internautes aux aguets derrière leurs écrans l’ont su. Forcément, cela peut agacer.

« Pour certaines lignes, nous devons avoir la certitude que l’ouverture de la ligne soit possible avant de l’annoncer », se défend la direction. D’autres déplorent également le manque de transparence sur l’identité des stations fermées. D’autant plus qu’il ne s’agit parfois pas des mêmes, d’un jour à l’autre.

On peut aussi s’interroger sur le vocabulaire employé par l’entreprise. Parfois, la RATP donne des prévisions sous forme de fréquences, parfois sous forme de minutes d’attente. Bref, on ne sait plus vraiment si la situation s’améliore ou se dégrade.

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